Des habitants de Bab El Oued, à Alger, ont chassé, vendredi 26 février, l’imam d’une mosquée qui s’apprêtait à donner son prêche hebdomadaire. Ils estiment que ce guide religieux distille des idées politiques tendancieuses et anti-Hirak lors de ses prêches hebdomadaires. 

Il s’agit de l’imam de la mosquée Takwa. Ce guide religieux a été chassé par les fidèles pour ses « discours anti-Hirak ». Les habitués de cette mosquée l’ont invité à quitter les lieux quelques instants avant le prêche du vendredi, selon le quotidien francophone Liberté, qui a rapporté l’information dans son édition de samedi.

Les fidèles rapprochent à l’imam en question son prêche donné vendredi dernier, coïncidant avec le 2e anniversaire du soulèvement populaire. Selon les présents, le guide religieux a notamment tenté de distiller des idées contre-révolutionnaires, en s’attaquant au Hirak. Après l’avoir chassé, les fidèles ont fait appel à un autre imam pour diriger la prière et donner le prêche ce jour-là.

Notons que ce n’est pas que la première fois que des fidèles chassent des imams des lieux de culte pour leurs critiques hostiles au Hirak. Entre 2019 et 2020, de nombreux imams avaient été « évacués » pour avoir affiché, lors de leurs prêches hebdomadaires, leurs opinions contre le mouvement populaire.

Discours anti-Hirak

Il faut rappeler que le secrétaire général du Syndicat des imams avait révélé, en mars 2020, que les imams avaient reçu des instructions, sous le règne de Abdelaziz Bouteflika, « afin de faire avorter le Hirak ». S’exprimant sur les colonnes du journal arabophone Echorouk, Djelloul Hadjimi avait affirmé que leur tutelle sous l’ancien régime leur avait donné des directives « pour prêcher contre le mouvement populaire ».

Il faut dire que le discours contre-révolutionnaire en Algérie n’est pas seulement présent dans les mosquées. Les médias publics et certains journaux et chaînes d’informations privés multiplient les discours diabolisant le Hirak et ses figures les plus en vue.

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