Le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a renoué, lundi 1er mars, avec ses rencontres périodiques avec les représentants de certains organes de presse. Lors de cette entrevue, la première depuis sa maladie et sa longue convalescence, il a abordé plusieurs sujets liées à l'actualité politique, sociale et économique du pays. 

Evoquant sa maladie, Tebboune, qui se dit complètement rétabli du Covid-19, a accusé « certains cercles étrangers » d'avoir tenté de semer la zizanie au sein du peuple algérien en colportant de fausses informations sur son état de santé. « Près de 97 sites électroniques de nos voisins (Maroc) sont derrière ces fausses informations », a-t-il souligné.

S'agissant du volet politique, Tebboune n'a pas écarté la tenue des élections législatives et locales durant une même journée. « Il n'est pas écarté d'organiser les élections législatives et locales à la même date. Cela représente une revendication légitime de la classe politique », a-t-il indiqué, précisant que les législatives se tiendront dans les deux ou trois mois prochains.

Des élections législatives dans trois mois

C'est cette échéance qui a d'ailleurs empêché, selon le chef de l'Etat, d'opérer un changement profond dans la composante du gouvernement. « Je n'ai pas voulu opérer un changement total du Gouvernement par respect au peuple. Nous sommes à l'approche d'élections législatives qui seront organisées dans les deux ou trois mois prochains », a expliqué Abdelmadjid Tebboune.

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Pour ce dernier, le changement du gouvernement interviendra immédiatement après les élections. Sur le dernier remaniement ministériel, le premier responsable du pays a affirmé qu'il avait ciblé certains ministres qui n'ont pas donné satisfaction. Il a notamment pointé du doigt quelques ministres qui ont « fait couler beaucoup d'encre, dans des affaires de mœurs même ».

« Les principales revendications du Hirak prises en charge »

A une question relative au retour des marches du Hirak, Tebboune s'est dit nullement inquiété. « Le peuple a célébré le deuxième anniversaire du hirak, certains sont sortis pour d'autres raisons. Mais ils sont minorité », a-t-il accusé. Pour Tebboune, les principales revendications du mouvement populaire, ou ce qu'il a appelé « le Hirak authentique », ont été prises en charge.

Il a évoqué, à titre illustratif, l'intégration de cinq jeunes issus de mouvement au gouvernement. Il sous-entend que les personnes qui marchent actuellement sont malintentionnées ou manipulées et travailleraient pour des intérêts extérieurs. Il a également avancé que le slogan cher au hirak « Etat civil et non militaire » date de plus 15 ans.

« L'ANP ne fait pas de politique »

Dans ce cadre, Abdelmadjid Tebboune assure que l'Armée nationale populaire (ANP) ne fait pas de politique. « Contrairement à ce qui est véhiculé ici et là, notre armée ne fait pas de politique », a-t-il souligné, affirmant qu'il n'a aucun problème avec l'armée, contrairement à ce qui se dit. « Je suis le chef suprême des forces armées, ministre de la Défense nationale », rappelle-t-il.

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Concernant le volet économique, le chef de l'Etat se veut rassurant : « Certes, on n'est pas dans une aisance financière, mais le pays est en mesure de faire face à ses besoins », a-t-il dit, soulignant l'importance de la politique de régulation des importations. « Un budget de 8 milliards de dollars suffit pour couvrir largement nos besoins notamment en semoule et en l'huile de table, et malgré l'année difficile qu'a connue le secteur pétrolier, nous avons pu réaliser des recettes de 24 milliards de dollars », assure-t-il.

« Notre économie va bien »

Il a précisé, dans la foulée, que les réserves de change, qui étaient à 60 milliards de dollars, ont chuté entre 42 et 43 milliards. Il a, par ailleurs, souligné que pour la première fois depuis l'indépendance, les revenus du secteur agricole, qui s'élèvent à plus de 25 milliards de dollars, dépassent ceux des hydrocarbures.

Lors de cette même rencontre avec la presse, le chef de l'Etat est revenu sur les relations avec la France, notamment la question mémorielle. Il a encore affirmé qu'il entretenait de bonnes relations avec le président français, Emmanuel Macron, mais « des lobbys très puissants tentent de déstabiliser » cette relation.

« Dossier mémoriel, on y tient »

« Des lobbys très puissants en France essayent de saborder le travail de mémoire que l’Algérie et la France ont décidé d’entreprendre en commun (...). Même le président français Emmanuel Macron est au courant de ces entraves et de leurs auteurs », a-t-il encore dit. Tebboune a réitéré l'attachement de l'Algérie à ce dossier : « L’Algérie ne se départira jamais de sa mémoire », a-t-il assuré.