La cour d’Alger a acquitté, mercredi 10 mars, un membre proche du staff de la campagne électorale du candidat à la présidentielle de décembre 2019, Ali Benflis. Il s'agit Salah Bekka, poursuivi pour « espionnage au profit d’une entité étrangère » et « atteinte au statut diplomatique de l’Algérie ».

Le prévenu a été condamné en première instance à 3 ans de prison ferme. Il a fait appel de cette décision. Lors de sa comparution devant la justice, il a nié tous les faits qui lui ont été reprochés. Il a seulement reconnu avoir échangé avec un diplomate français sans « mauvaise foi ». Cet acquittement intervient suite à un pourvoi en cassation introduit aussi bien par sa défense que par le parquet. Le jury n’a pas suivi le procureur de la République qui avait requis dix ans de prison ferme.

Lors de ce procès en appel, qui a démarré à 18 heures, l’accusé, aidé d’un traducteur, lui qui ne maîtrise pas la langue arabe, ni à l’oral ni à l’écrit, a répondu, plus d’une heure durant, aux questions de la présidente de la séance. Les questions se sont focalisées sur la conversation que l’accusé a eue avec un cadre du ministère français des Affaires étrangères, au soir du 29 novembre 2019, soit à une dizaine de jours de la fin de la campagne électorale pour l’élection présidentielle du 12 décembre 2019.

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Ali Benflis avait démenti l'appartenance de l'individu à son staff de campagne

La plaidoirie a prouvé que l'accusé n'avait rien divulgué de secret lors de cette conversation. La défense a même fait remarquer que le contenu de la discussion avait été largement rapporté par beaucoup de médias.

Il faut souligner que le parquet a accusé Salah Bekka d’avoir mené un plan d’infiltration au sein même de la campagne de Ali Benflis et « d’intelligence avec l’étranger ». Ali Benflis avait précisé à l'époque des faits que S. B. n’occupait aucune fonction au sein de sa direction de campagne. Il avait expliqué sa présence dans ses meetings par des motifs exclusivement professionnels au sein de l’équipe technique chargée du son. Ali Benflis avait même accusé certains cercles de fomenter un complot contre lui.

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