Il y a de la tension à la frontière algéro-marocaine, plus précisément dans les localités d'El Figuig (Maroc) et El Arja (Algérie). Des fellahs marocains ont été sommés de quitter des parcelles de terre du territoire algérien. Des médias marocains crient à la violation du territoire du Maroc. Que s'est-il réellement passé à la frontière avec ces fellahs marocains ? Le quotidien arabophone El Khabar a donné de nouveaux détails.

En effet, selon des sources locales à Bechar, contactées par le quotidien, il s'agit de familles marocaines qui occupent et exploitent des terres agricoles algériennes depuis plusieurs années. Pour des raisons « humanitaires », l'Algérie les a autorisées à exploiter ces terres, même après l'accord sur la délimitation des frontières entre les deux pays.

Mais depuis le 20 février, les choses ont connu un rebondissement inattendu. Les services de sécurité ont entendu des déflagrations dans la région et après un déplacement sur les lieux, ils ont découvert que c'étaient les autorités marocaines qui déminaient la zone. Et l'un des objectifs de cette opération de déminage : une extension des activités agricoles des paysans marocains sur le territoire algérien, toujours dans la localité d'El Arja.

Dépassement inacceptable des fellahs marocains

Ce qui devint évidemment inacceptable pour les autorités algériennes qui se sont rendu compte que cette extension datait déjà du début de l'année 2021. Les familles concernées ont non seulement occupé de nouvelles parcelles de terrain, mais elles ont aussi entamé la plantation de nouveaux palmiers et même la construction de nouvelles bâtisses.

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Après avoir pris contact avec les autorités marocaines, notamment de la ville frontalière d'El Figuig, pour arrêter les activités de ces familles, les autorités algériennes ont constaté que leurs homologues marocaines n'avaient pas réagi à leurs sollicitations. Cela a amené les Algériens à se rendre, le 10 mars, auprès des fellahs en question pour leur demander de quitter les terres nouvellement occupées. Ils leur ont donné jusqu'au 18 mars pour qu'ils libèrent les terres en question et démanteler tous leurs matériels.

Le silence intrigant des autorités marocaines

Selon les mêmes sources, les paysans marocains n'ont tenté aucune résistance. Ils ont compris qu'ils étaient dans le tort, mais ils ont tout de même décidé d'organiser une action de protestation à El Figuig. Une action pour réclamer des indemnités des autorités marocaines. C'est ce qui fait dire du côté algérien que les familles d'exploitants agricoles auraient été soit encouragées à occuper illégalement de nouvelles parcelles, soit rassurées dans leur action d'extension.

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