La feuille de route de Abdelmadjid Tebboune n'arrive pas à convaincre les Algériens. L'organisation de législatives anticipées ne suscite pas non plus l'enthousiasme, notamment chez les activistes et militants du Hirak. Ces derniers continuent à rejeter cette échéance. Pour Mostefa Bouchachi, intervenu, samedi 20 mars, au siège de l’association Rassemblement Action Jeunesse (RAJ), « les actes du pouvoir en place sont en contradiction avec ses discours ».

Ainsi, le fossé se creuse de plus en plus entre le pouvoir et l'opposition en Algérie. L'avocat estime que « les données existantes actuellement montrent qu’il n’y a aucune volonté du pouvoir » pour satisfaire les revendications du Hirak. Mostefa Bouchachi remet en cause les discours de Abdelmadjid Tebboune et son gouvernement qui affirment le contraire.

L'avocat rappelle que depuis le Hirak, aucune initiative sérieuse et sincère n'est venue du pouvoir. Il considère que « le dialogue dans lequel le peuple pourra s’inscrire, c’est celui qui sera précédé par des mesures qui sont la libération des détenus d’opinion, l’arrêt de la répression et l’ouverture des champs politique et médiatique en Algérie ».

Les élections ne sont pas la solution

Mostefa Bouchachi a rappelé que les mesures liberticides sont encore en vigueur avec les arrestations et les condamnations de militants. Il estime que « l’institution militaire a raté le virage, après la démission de Bouteflika, en imposant une feuille de route d’une manière unilatérale ». Pour l'avocat, dans cette conjoncture, peu de perspectives se présentent au peuple : « Aller vers la confrontation, ce qui conduira vers la violence, chose qui est catégoriquement rejetée ; s’inscrire dans le processus en cours, en participant aux élections afin de changer le système de l’intérieur, ce qui ne mènera à rien au vu de plusieurs données ; ou finalement poursuivre le hirak », estime-t-il. 

Mostefa Bouchachi explique encore que la nouvelle Constitution « offre des pouvoirs pharaoniques au président de la République ». Il ajoute que l’Autorité nationale d’organisation des élections (ANIE) « ne dispose d’aucun pouvoir face à l’administration qui reste concrètement l’entité qui organise les élections ». Un constat qui fait que l'avocat reste sceptique quant au « changement du système de l’intérieur ». 

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