Fin de cavale pour l'ex-président-directeur général (PDG) de Sonatrach Abdelmoumen Ould Kaddour. Visé par un mandat d'arrêt émis contre lui en février dernier pour des affaires de corruption, l'ex-patron de la société pétrolière algérienne a été arrêté samedi 20 mars aux Emirats arabes Unis. 

Selon les sources médiatiques, Abdelmoumen Ould Kaddour a été appréhendé au niveau de l'aéroport de Dubaï où il venait d'atterrir de provenance de Paris. L'ancien PDG de la Sonatrach est accusé dans deux affaires de corruption. L'une est relative à l'acquisition, en 2018, d'une raffinerie vieille de 70 ans à un prix jugé exorbitant. Il s'agit de la fameuse raffinerie d’Augusta, en Italie. Appartenant à la filiale italienne d’ExxonMobil, cette raffinerie a été achetée, selon le journal El Watan, à hauteur de 725 millions de dollars.

Cette transaction avait soulevé d'ailleurs un tollé en Algérie. Des voix s'étaient élevées pour dénoncer le coût de cette usine, dont l'état a nécessité de surcroît une rallonge financière estimée à 250 millions de dollars pour sa réfection. Ould Kaddour et ses proches collaborateurs n'ont pas été inquiétés pour autant.

L'autre affaire dans laquelle le nom de l'ancien premier responsable de la société des hydrocarbures est cité est liée à des marchés octroyés de gré à gré et à la surfacturation. Ould Kaddour, qui s'est retiré de la scène depuis son limogeage de son poste à la tête de Sonatrach, en avril 2019, savourait sa retraite « dorée » entre la France et les pays du Golfe.

Rattrapé par l'affaire de la raffinerie d’Augusta

Le 10 février 2020, le magazine Jeune Afrique écrivait que « contrairement aux rumeurs propagées, Ould Kaddour, 68 ans, est libre de ses mouvements et ne fait l’objet d’aucune enquête judiciaire ». Une année après, presque jour pour jour, le Premier ministre Abdelaziz Djerad annonçait que « le pôle pénal économique et financier a ouvert une enquête sur l’affaire de la raffinerie d’Augusta, dans laquelle un mandat d’arrêt international a été émis contre le principal accusé ».

Ainsi quelques jours après cette sortie de Djerad, le « principal accusé », qui n'est autre que Abdelmoumen Ouled Kaddour, a été arrêté. Un long procès est attendu.