Le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, s'est exprimé sur la question de l'immigration clandestine en Europe dans un entretien au journal espagnol El Pais, paru, ce mercredi 31 mars. Il a indiqué que l’Algérie subissait une grande pression de la part des pays européens sur cette question.

Sabri Boukadoum a affirmé qu' «en Espagne, en Italie, en France ou en Grèce, ils se plaignent des migrations massives, mais c’est nous qui les recevons avant qu’elles n’atteignent l’Europe». Le ministre algérien des affaires étrangères s'est ensuite interrogé : «Les Européens se plaignent, mais devons-nous agir comme des policiers pour l’Europe ? Vous voulez une protection, mais qui nous protège ?».

Sabri Boukadoum a assuré qu' «un jour, nous dirons : Laissez-les sortir, comme certains le font. Mais non (nous le faisons pas) nous travaillons avec l’Espagne, la France, l’Allemagne, le Portugal…». Il a indiqué que l’Algérie aussi subissait cette migration révélant que  «l’année dernière à un moment donné, l’Algérie recevait plus d’un millier d’arrivées par jour».

Par ailleurs, le MAE s'est également exprimé sur le rapatriement des migrants vers leur pays. Il a affirmé qu'il s'agissait des retours volontaires organisés en collaboration avec leurs pays d’origine et l’Organisation internationale pour les migrations». Pour trouver des solutions durables à ce phénomène, Sabri Boukadoum  plaide pour une coopération avec l’UE, le Mali et le Niger.

Le ministre algérien des affaires étrangères considère que  «cette migration doit être stoppée dans les pays d’origine. La création d’emplois les aidera à ne pas vouloir partir». Il explique que «ce sera moins cher que, par exemple, mettre des navires en Méditerranée. La Minusma coûte des milliards par an. Des écoles et des centres de santé doivent être construits. Cela coûte moins cher et permet aux gens de rester là où ils sont».

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