A quelques jours de son Conseil national, les divergences au sein du FFS sont étalées sur la place publique. La question de la participation du parti aux législatives du 12 juin divise les militants et aussi la direction. Le plus ancien parti de l'opposition est au bord de l'explosion. 

Le climat tendu né de la rencontre de la direction du parti avec Abdelmadjid Tebboune se prolonge à deux jours du Conseil national du parti. Le parti se retrouve divisé entre deux "clans". Ceux qui veulent participer aux élections et ceux qui les rejettent dans le fond et dans la forme. Ainsi, même si la décision de participation n'est pas encore prise, plusieurs militants mettent la pression sur la direction afin d'opter pour le rejet.

A titre illustratif, la section FFS d'Ililten qui rejette cette échancre électorale, appelle la direction du parti à aller dans ce sens. « Nous rejetons dans le fond et dans la forme le coup de force électoral qui se prépare pour le 12 juin 2021. Une énième mascarade organisée en dehors et contre le peuple qui ne vise qu'à fabriquer une nouvelle façade démocratique non représentative via une nouvelle clientèle politique et de nouvelles structures fantoches pour remplacer les anciennes », peut-on lire dans le communiqué. Cette section a aussi lancé un appel à la base militante pour se rassembler pacifiquement le 3 avril devant le siège du parti. Elle compte ainsi exprimer le rejet "du prochain coup de force électoral" .

Gronde au sein des militants

A l'instar de la section d'Ililten, un collectif appelé «collectif inter-fédéral» s'est réuni le 27 mars à Akbou (Béjaïa). Il a exprimé le rejet des militants des législatives prochaines. D'autres militants du parti se sont également exprimé sur les réseaux sociaux contre ces élections. 

De l'autre côté, des cadres du parti défendent l'option de la participation aux élections. Une option stratégique pour le parti. Des militants qui défendent l'autonomie de la décision au sein du parti. Ils rappellent que seul le conseil national est habilité à prendre la décision concernant ces élections.

En tout cas, selon les observateurs, le FFS est à la croisée des chemins, la décision que le parti prendra le 3 avril lors de son Conseil national aura un impact certain sur son avenir. Dans le cas où il décide de participer aux législatives, le parti risque d'exploser étant donné qu'une bonne partie de la base rejette cette échéance comme elle a rejeté l’élection présidentielle et le référendum sur la Constitution.

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