Le Premier ministre français, Jean Castex, est attendu le 10 avril à Alger pour une visite de travail qui s'inscrit dans le cadre de la 5e session du Comité interministériel de haut niveau (CIHN).

Conduisant une importante délégation de huit ministres, dont ceux des Affaires étrangères, de la Défense et de l'Economie, ainsi que des hommes d'affaires et de chefs d'entreprise, le Premier ministre français aura à discuter avec son homologue algérien, Abdelaziz Djerad, sur plusieurs dossiers d’intérêt bilatéral, dans le cadre de la 5e session du Comité interministériel de haut niveau (CIHN).

Parmi les sujets qui seront abordés, plusieurs sources affirment que le dossier judiciaire aura une attention particulière, notamment du côté algérien. Il s'agit de la convention d'extradition entre la France et l’Algérie, promulguée le 25 mars dernier par le président français, Emmanuel Macron.

Une promulgation qui intervient moins de quarante-huit heures après le mandat d’arrêt international émis par la justice algérienne contre, entre autres, le blogueur Amir Boukhers, alias « Amir Dz », et le journaliste Hichem Aboud, tous deux établis en France, les accusant d’appartenir à un groupe terroriste. Toutefois, selon un article publié ce 4 avril par Le Journal du Dimanche, peu de chance que ces deux personnes citées par la justice algérienne et réfugiées actuellement en France puissent être extradées à Alger.

Quid de Amir DZ et Hichem Aboud ?

Selon la même source, depuis la promulgation par le président français de la convention d'extradition entre la France et l’Algérie, plusieurs voix se sont élevées dans l’Hexagone pour dénoncer cette décision. « Le fait que la promulgation intervient quelques jours après la demande  d’extradition émise par Alger contre des activistes algériens réfugiés en France sous-entend qu'il y a un accord tacite entre les deux pays », estiment plusieurs militants des droits de l'Homme.

L'article du JDD est revenu également sur la lettre ouverte au président Emmanuel Macron, publiée cette semaine et signée par les principaux soutiens du Hirak. Les auteurs y dénoncent cette convention d’extradition « à l’heure où Alger réclame l’arrestation en France de deux animateurs de la contestation dont le blogueur Amir Boukhers ( alias Amir DZ) et le journaliste Hichem Aboud accusés de "menaces subversives" ».

Pour les signataires, cette coopération judiciaire est une « caution » fournie à « un régime qui n'a plus de boussole et s’évertue en dernier recours à pourchasser ses opposants où qu'ils soient aux motifs les plus fallacieux ». C'est pour dire que la question de l’extradition de personnes citées risque de ne pas aboutir, d'autant plus que plusieurs députés et sénateurs français ont émis des réserves lors des débats sur cette convention, en insistant sur le « principe du respect des droits de l'homme ». Autrement dit, ajoute l'article du JDD, « peu de chance que les militants du Hirak réfugiés en France puissent être extradés à Alger ».

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