Alors que le dossier de l'automobile est devenu un vrai casse-tête chinois pour le gouvernement algérien, le pays a enregistré l’importation de 8 329 véhicules neufs durant la période allant du 1er janvier au 15 mars 2021. Le chiffre a été communiqué ce lundi 5 avril par les services des douanes.

L’opération d'importation de véhicules neufs n'est pas tout à fait suspendue. Ces importations ont été effectuées par le biais des licences des Moudjahidine, registres du commerce et par l’intermédiaire des citoyens algériens ayant changé de résidence depuis l’étranger. La valeur totale de ces véhicules importés a atteint plus de 29 milliards de dinars.

Ainsi, ils sont 7 668 véhicules importés dans le cadre des avantages accordés à la catégorie des Moudjahidine. 255 véhicules importés et destinés à un usage personnel avec paiement des taxes et droits de douane. 215 véhicules importés dans le cadre du changement de résidence des citoyens. 177 véhicules importés par des personnes détenant des registres commerciaux, dans le cadre de leurs activités commerciales.

Les tergiversations du gouvernement

Il faut dire que l’Algérie n’arrive manifestement pas à se décider quant à la politique à adopter en ce qui concerne l’industrie automobile. Cette politique change au gré des remaniements ministériels. Le nouveau ministre de l’Industrie a remis en cause les décisions de son prédécesseur, Ferhat Aït Ali. Ainsi, les agréments provisoires délivrés en août dernier sont annulés. Cette décision fait suite aux nouvelles orientations du chef de l’Etat. En effet, Abdelmadjid Tebboune avait ordonné « l’assainissement des accumulations négatives caractérisant, par le passé, la politique du ministère de l’Industrie, en adéquation avec les textes juridiques et la nouvelle orientation de la politique industrielle ».

Les autorités algériennes ont également décidé de dédouaner les kits CKD/SKD de Renault Algérie bloqués depuis plus d’une année au port d’Arzew. Cette opération permettra au constructeur français de procéder au montage de 6 000 à 7 000 voitures à partir de la mi-avril.

Cependant, ce dossier connaît toujours un flou total. Abdelmadjid Tebboune n'a vraisemblablement pas tranché sur la question. Le chef de l'Etat s'est exprimé sur le sujet lors d'une rencontre avec deux médias. Il a reconnu que l’expérience de montage automobile en Algérie était un échec. Tebboune a estimé que le pays ne devait pas refaire la même erreur. Pour lui, le taux d’intégration doit atteindre au moins 40 %, pour oser parler d’industrie automobile en Algérie. Concernant la reprise de l’importation de véhicules, Abdelmadjid Tebboune n’a pas écarté la possibilité que l’opération reprenne sous peu.

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