34 ans après l'assassinat de son époux, la veuve du Moudjahid et avocat Ali André Mecili, réclame toujours justice. Annie Mecili est revenue à l'occasion de la cérémonie commémorative de cet assassinat sur ses démarches  pour voir enfin les assassins de son mari traduits en justice. Elle a affirmé dans une interview accordée au journal El Watan, ce mercredi 7 avril, avoir fait tous les recours possibles pour faire la lumière sur ce crime politique. 

Annie Mecili se bat toujours pour que la lumière soit faite sur ce crime. "Nous avons exercé tous les recours prévus, que ce soit en France ou en Europe. Le dernier, en date du 26 mai 2017, a été le recours auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme dont le fonctionnement nous a beaucoup déçus" a-t-elle indiqué. Elle a ajouté : "Nous reprochions entre autres à l’Etat français l’expulsion de l’assassin présumé, en «urgence absolue», vers l’Algérie dès le mois de juin 1987".

La veuve de Ali Mecili qui endosse la responsabilité de l'assassinat de son mari au régime algérien, explique avec regret que "la marche de la justice en sera durablement entravée et l’impunité du régime algérien assurée". Elle souligne que "cette expulsion a donc violé notre droit à un procès équitable, visé par l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’Homme. La décision de la Cour dit en résumé que "les faits dénoncés ne révèlent aucune apparence de violation des droits et libertés énumérés dans la Convention".

Mauvais fonctionnement de la Cour européenne des droits de l’Homme

Sur le mauvais fonctionnement de la Cour européenne des droits de l’Homme, Annie Mecili explique que suite à son recours, la Cour a statué que "ces allégations sont manifestement mal fondées". La veuve de Mecili ajoute que c'est pour cette raison que "la requête a été ainsi déclarée «irrecevable»". "La motivation d’une telle décision de cette Cour, qui a siégé en formation de juge unique, le 14 septembre 2017, a été des plus succinctes et aucun appel n’est permis. D’où notre déception quant à son mode de fonctionnement", assène-t-elle.

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Annie Mecili conclut que "ce sont les autorités algériennes qui ont commandité le crime et conforté l’impunité en refusant d’exécuter les commissions rogatoires internationales adressées par la France à l’Algérie. Aujourd’hui, même si les visages ont changé, le système demeure. Je ne les interpellerai donc pas".

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