Les tensions ont atteint leur paroxysme entre le Maroc et l’Algérie. Les deux pays divergent sur plusieurs sujets. Sur le plan diplomatique, ils se livrent une « guerre » sans merci. Cependant, les deux pays se rejoignent sur une question cruciale : la gestion de la question des droits de l'Homme. Le Maroc et l’Algérie ont tous les deux été épinglés dans le rapport d'Amnesty International, paru mercredi 7 avril. 

Ainsi, dans une conjoncture marquée par des conflits politiques aigus et une guerre médiatique et diplomatique, l’Algérie et le Maroc se retrouvent dans la même case concernant « les violations des droits humains ». Le rapport de l'ONG Amnesty International est revenu sur ces violations. L'organisation a dressé un tableau noir sur la situation des droits de l'Homme dans les deux pays.

Même gestion de la presse et des opposants

La situation est similaire dans les deux pays. Le Maroc a été épinglé pour « répression de la dissidence », restrictions à la liberté de la presse et « châtiments cruels, inhumains ou dégradants ». L’Algérie, quant à elle, est mise au banc des accusés pour ses « atteintes à la liberté de la presse », les « arrestations et condamnations de journalistes » et « arrestations et poursuites judiciaires contre des manifestants pacifiques ».

Amnesty International dénonce, aussi, l'adoption, par le Maroc, d'« un décret-loi d’urgence sanitaire qui restreint le droit de circuler librement, la liberté d’expression et la liberté de réunion ». Les dispositions de ce décret ont été utilisées par l’Etat pour « poursuivre des personnes qui critiquaient la gestion gouvernementale de la crise ou enfreignaient les mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence ».

Pareil pour l’Algérie. L'ONG constate que « les autorités ont adopté de nouvelles lois qui limitent encore davantage les libertés fondamentales des Algériennes et des Algériens ». L'ONG affirme que les autorités algériennes « ont profité de la crise sanitaire de Covid-19 pour multiplier les arrestations des militant·e·s, de journalistes et de blogueurs pour avoir critiqué le gouvernement en ligne ».

En conclusion, la question se pose sur les divergences des deux régimes sur les questions externes. Sur le plan interne, ils ont opté pour les mêmes pratiques politiques.

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