La situation des ressortissants algériens bloqués depuis le 26 février en zone internationale de l’aéroport Paris Roissy-Charles-de-Gaulle ne semble pas près de connaître son épilogue. Ces Algériens vivent un véritable drame humain. Ils considèrent qu'ils sont abandonnés à leur sort dans une zone dénuée de tout confort. 

Face à cette situation, les autorités des deux pays sont insensibles à ce drame. Des personnes âgées, des enfants et des malades vivent chaque jour dans des conditions difficiles et sont soumis à une attente interminable dans un aéroport en France. Parmi les personnes bloquées, il y a des cas qui font froid dans le dos. Les concernés confient qu'ils ont « atteint le point de paroxysme dans l’inhumanité ».

Les témoignages sont poignants. C'est le cas de celui d'un monsieur cancéreux parti en Grande-Bretagne pour des soins. Il a pris l'avion pour la France pour ensuite rejoindre l'Algérie, afin de revoir sa mère, très malade également. Malheureusement, sa mère finira par décéder en Algérie, alors qu'il était toujours bloqué à l'aéroport. Cet homme, très malade, n'a pas eu la chance de revoir sa mère vivante, ni lui jeter un dernier regard après sa mort.

Situation dramatique

Cette histoire n'est qu'un exemple des drames vécus par les vingt-sept personnes bloquées. Selon d'autres témoignages, la majorité des passagers veulent revenir au pays pour des motifs « impérieux ». Excédés par ce qu'ils subissent dans la zone internationale, ces ressortissants algériens dénoncent « le mépris du gouvernement algérien » à leur égard. Ils dénoncent aussi la politique des deux poids deux mesures. Selon eux, pendant qu'ils étaient bloqués à l'aéroport, des dizaines de personnes ont pu regagner le pays pour des motifs « moins graves ».

Il faut rappeler que ces Algériens sont à leur 44e jour de blocage et une solution n'a été trouvée à leur situation. Ils ont décidé de saisir à nouveau la justice. En effet, leurs avocats, Mes Alexandre André et Karima Hadj Saïd, ont décidé de faire des recours devant la justice française, suite aux décisions rendues en faveur d’Air Algérie et du ministère français de l’Intérieur. Si ces recours ne donnent pas gain de cause aux voyageurs bloqués, ils vont saisir le Conseil d’État français. Ils envisagent également, comme dernier recours, d'en appeler à la Cour européenne des droits de l’Homme.

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