Le président français Emmanuel Macron tente de calmer le jeu suite à la dégradation constatée ces derniers jours des relations entre l'Algérie et la France. C'est lors d'une rencontre avec l'ambassadeur d'Algérie à Paris que Macron a usé d'un langage tendant à apaiser les relations entre les deux pays.

En effet, à l'occasion de la présentation, lundi 12 avril, par l'ambassadeur Mohamed-Antar Daoud de ses lettres de créance en tant qu’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République algérienne démocratique et populaire auprès de la République française, Emmanuel Macron a usé de quelques mots pour calmer le jeu dans les relations algéro-françaises.

En ces temps troubles dans les relations entre les deux pays, le président français a demandé à son invité de transmettre ses « salutations et sentiments d’amitié » à son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune. De simples petits mots qui ont toute leur importance dans le langage diplomatique, le chef de l'Elysée semblant montrer sa gêne devant la subite détérioration des relations entre l'Algérie et la France. Surtout qu'il s'est attelé pendant longtemps à les améliorer, notamment en apportant son soutien clair au chef de l'Etat algérien.

Développer les relations politiques et économiques

D'ailleurs, à la même occasion, Emmanuel Macron a exprimé son vœu de regarder devant et avancer. A ce titre, il a aussi montré son « intérêt particulier » pour le développement des relations politiques et économiques entre les deux pays.

Cette nouvelle sortie du président français intervient après une notable dégradation des relations entre l'Algérie et la France. Une dégradation qui a conduit au report (l'annulation ?) de la visite que devait effectuer le Premier ministre français Jean Castex en Algérie, dans le cadre du Comité intergouvernemental de haut niveau.

Si Paris a expliqué ce report par la persistance de la crise sanitaire, notamment en France, le silence d'Alger reste assourdissant sur cette question délicate. Il faut signaler que beaucoup avancent différentes explications à ce changement brusque dans les relations algéro-françaises. A commencer par la déclaration choc du ministre algérien du Travail, Hachemi Djaâboub, qui a qualifié la France d'ennemi éternel. On parle également de l'ouverture, par le parti de Macron, d'une antenne à Dakhla, ville située dans la partie occupée du Sahara occidental.

Brouhaha politico-diplomatique

Et au milieu de tout ce brouhaha politico-diplomatique, le ministre algérien de la Communication et porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, en a remis une couche, en interpellant l'ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette. Il reproche à ce dernier ses rencontres avec les organisations algériennes, notamment les partis politiques de l'opposition.

Mais le porte-parole du Quai d'Orsay a vite affirmé que le diplomate français « effectue sa mission dans le plein respect de la souveraineté algérienne ». Le représentant du ministère français des Affaires étrangères a même évoqué la déclaration hostile du ministre algérien du travail. « Nous déplorons ces différentes déclarations, qui ne reflètent ni la qualité de nos relations bilatérales, ni la dynamique de leur renforcement, soutenue au plus haut niveau par les autorités de nos deux pays », a-t-il estimé.

Lire aussi : Algérie – France : Ce que Chanegriha a dit au chef d’état-major français