Saïd Bouteflika, frère et ancien conseiller du président déchu Abdelaziz Bouteflika, a nié toute implication dans la préparation de la propagande pour le 5e mandat de son frère. Auditionné le 12 avril par le juge d’instruction de la troisième chambre du pôle spécialisé du tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, Saïd Bouteflika a accusé l'homme d'affaires Ali Haddad d'être l'initiateur et le responsable du projet de chaîne de télévision devant faire la promotion du 5e mandat de Bouteflika. 

Le frère du président déchu a été auditionné par le juge près le tribunal de Sidi M’hamed. Il a été entendu dans une affaire dans laquelle il est accusé de blanchiment d’argent, financement occulte de partis politiques et obtention de biens issus d’infractions criminelles. Il a été entendu sur la question de l’importation d'un matériel de diffusion audiovisuelle. Un matériel qui devait servir à la création d'une chaîne de propagande dans le cadre du cinquième mandat. Cette chaîne devait s’appeler « El Istimririya TV » et devait appartenir à Ali Haddad.

Saïd Bouteflika a répondu aux questions du juge pendant 2 heures, selon ses avocats. Me Khaled Bourayou, un des avocats de la défense, a affirmé que l'ancien conseiller à la présidence avait « nié toutes les accusations ». Il a ajouté que Saïd Bouteflika « ne comprend toujours pas pourquoi il est mis sous mandat de dépôt dans une affaire dans laquelle il n’a rien à voir ». Pour le frère du président déchu, c'est Ali Haddad qui est derrière ce projet, niant tout lien avec la campagne électorale de son frère.

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Saïd Bouteflika nie tout

Me Khaled Bourayou a indiqué que Saïd Bouteflika n'avait pas été mis au courant de l’acquisition de ce matériel. Il relate que Saïd Bouteflika a déclaré devant le juge : « Ce n’est que lors d’une discussion avec Ali Haddad que j’ai entendu parler de ce matériel ». Il ajoute qu'à une question sur le rôle de cette chaîne dans la préparation du 5e mandat, « Saïd Bouteflika a répondu qu’il ne connaissait même pas le nom de la chaîne ».

Il faut rappeler que dans une précédente audition, Saïd Bouteflika avait chargé son frère. Il avait affirmé que c’était Abdelaziz Bouteflika qui aurait ordonné l’annulation des mandats d’arrêt internationaux émis contre l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil, et sa famille. Ainsi, il s’avère que la stratégie de défense de Saïd Bouteflika est de nier toutes les accusations portées contre lui,  étant donné qu'il n'avait officiellement qu'un rôle consultatif pendant le règne de son frère.

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