Il y a de la colère dans l'air dans le Grand Sud algérien. Les Touareg, notamment ceux de l'Ahaggar, menacent de déterrer la hache de guerre si une décision n'est pas prise pour revoir le nouveau découpage territorial consacré par le décret exécutif 21-128 et fixant les limites territoriales des communes relevant des wilayas nouvellement créées. 

Pour dénoncer le nouveau découpage intervenu récemment en Algérie, les Touareg et les notables de l'Ahaggar ont investi la rue, selon un compte rendu du quotidien francophone Liberté. Plus précisément dans la commune de Tazrouk, à environ 270 kilomètres du chef-lieu de la wilaya de Tamanrasset.

Pour les protestataires, les localités les plus stratégiques « quittent » Tamanrasset pour rejoindre Djanet et Illizi. « L’Ahaggar s’est fait amputer de toutes les zones regorgeant de richesses naturelles, à savoir l’or, le gaz et l’eau. C’est l’avenir de nos jeunes qui est en jeu. Le gouvernement n’a pas mesuré l’impact de cette décision qui a eu l’effet d’un tsunami à Tamanrasset. Nous n’allons pas nous taire », affirment les contestataires dans une correspondance adressée au Premier ministre,  Abdelaziz Djerad.

Il s'agit, en fait, de quatorze localités relevant des communes de Tazrouk et Ideles qui recèlent des richesses inestimables. Ce sont les localités de Tiririne, Issalan, Tigharine, Takalous, Edala, Tejalastoumine, Tehenaren, Tinajoulah, Inazaoua, Tadant, Amdid, Tehe Enkalan de Tazrouk, et Amadghour et Amguid d'Ideles qui quittent le territoire de la wilaya de Tamanrasset, au grand dam des notables de la région.

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« Une tentative de scission visant la stabilité du Grand Sud »

Il faut dire que les notables touareg, qui multiplient les réunions de concertation, prennent ce nouveau découpage territorial pour une question grave. Très grave même. « Il ne s’agit pas d’une opération administrative anodine, mais d’une tentative de scission visant la stabilité du Grand Sud. On veut apparemment réveiller les vieux démons et pousser les Touareg à déterrer leurs haches de guerre pour recouvrer leur territoire dont les frontières ont été, faut-il le rappeler, tracées avec le sang de leurs aïeux », menacent-ils dans leur correspondance.

Pour les rédacteurs de la missive adressée au gouvernement, cela est inadmissible. Ils appellent les autorités à intervenir « pour rectifier cette bourde monumentale avant que les choses ne prennent d’autres tournures ». La menace est on ne peut plus claire. Selon la même source, ils n'ont pas manqué de dénoncer « la défaillance du ministère compétent (ministère de l'Intérieur, ndlr) qui, à son tour, n’a pas jugé opportun de consulter les notables des régions concernées avant de signer ce décret de la discorde ».

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