Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a fustigé, ce samedi 24 avril, le gouvernement algérien face à la répression des militants du Hirak. Le parti de l'opposition a également tiré la sonnette d'alarme quant à la situation économique du pays qui a érodé le pouvoir d'achat des Algériens.

Dans un communiqué rendu public ce samedi, le secrétariat national du RCD a vivement critiqué le pouvoir algérien qui « poursuit son entreprise pour contrecarrer et dévoyer le processus révolutionnaire dans lequel s'est résolument engagé le peuple depuis plus de deux ans ». Le parti a ainsi dénoncé « la répression et les arrestations arbitraires de manifestants pacifiques, de journalistes dans l'exercice de leur métier et de tous ceux qui osent exprimer une opinion libre », lit-on dans le même communiqué. Et d'évoquer « la condamnation de Saïd Djabelkhir à 3 ans de prison ferme pour une lecture d’un précepte de l’islam contraire à l’orientation obscurantiste ».

Le parti de la mouvance démocratique note néanmoins que « ni la répression, ni l'asservissement de l'appareil judiciaire, ni la désinformation, ni les manœuvres de toutes sortes ne sauront ébranler » la détermination des Algériens à « poursuivre leur combat pacifique jusqu'à la réappropriation pleine et entière de leur souveraineté ».

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Par ailleurs, le parti présidé par Mohcine Belabbas a de nouveau réitéré son appel à « la libération immédiate de tous les détenus d'opinion et réitère avec la plus grande fermeté sa condamnation des pratiques de torture et exige que les auteurs et les commanditaires soient identifiés et condamnés et pour que plus jamais aucun Algérien ne soit humilié au sein des institutions de l’Etat ».

« Le pouvoir poursuit la feuille de route élaborée sous la houlette de l’ex chef d’état-major »

Evoquant les prochaines élections du 12 juin, le RCD a estimé que le gouvernement algérien était « incapable de proposer le moindre projet pouvant réunir un minimum de consensus et rassurer les Algériens sur leur avenir ». Et de souligner que « le pouvoir s'entête à poursuivre une feuille de route élaborée sous la houlette de l’ex chef d’état-major pour la restauration du système qui a ruiné le pays ».

Selon le parti, « l’élection législative programmée pour le 12 juin prochain connaîtra la même désaffection que le peuple a réservée aux scrutins précédents. Ce nouveau simulacre, considère-t-il, ne fera que prolonger le processus de non légitimation des institutions entamé le 12 décembre 2019, aggraver la défiance des populations et risque de plonger le pays dans l’inconnu ».

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L'Algérie risque « une déflagration sociale »

Sur un autre registre, le secrétariat national du RCD est revenu sur la situation économique de  l'Algérie qui suscite « une inquiétude réelle » et qui est caractérisée par « la dépréciation fulgurante de la monnaie nationale et ses répercussions sur un pouvoir d'achat, déjà bien mal-en-point, qui aggrave la précarité de très larges couches de la société ».

« La flambée de prix sans précédent enregistrée durant ces premiers jours du mois de ramadan et qui touche la quasi-totalité des produits alimentaires devenus inaccessibles a donné le coup de grâce au moral des Algérien-ne-s », poursuit le parti. Il évoque, en sus, les « centaines de milliers de pertes d'emplois et tous les jours de nouveaux contingents viennent agrandir les rangs de chômeurs ».

Pour le RCD, cette « absence de perspective d'une véritable relance économique conjuguée à l'incompétence de l'exécutif et son incapacité à apporter des réponses claires et efficaces aux préoccupations de la population fait qu'aujourd'hui tous les ingrédients d'une déflagration sociale sont réunis ».

Le RCD veut une « transition indépendante »

Face à tous ces problèmes qui « menacent le devenir national », le RCD indique qu'il « continuera à œuvrer avec toutes les forces soucieuses de l’avenir du pays à l’action unitaire et à la construction du rapport de force nécessaire » pour l’avènement d’une « transition indépendante qui pilote un processus constituant ».

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Les responsables du parti estiment que cette alternative reste la seule « à même de garantir l’expression de la souveraineté du peuple algérien pour la construction d’une Algérie libre, démocratique et apaisée pour laquelle se sont sacrifiés les meilleurs de ses enfants ».

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