La réouverture des frontières algériennes reste tributaire de l’amélioration de la situation sanitaire dans le pays et un peu partout dans le monde. Mais les bilans des nouvelles contaminations, la détection de nouveaux variants du coronavirus ainsi que la campagne de vaccination qui tarde à s’accélérer repoussent davantage la décision de réouverture de l’espace aérien algérien. 

L’Algérie doit encore reporter la décision de réouverture des frontières et la reprise des liaisons internationales. À l’heure où les responsables algériens, à leur tête le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune, soutiennent que les frontières algériennes doivent rester fermer tant que la situation pandémique ne s’est pas s’améliorée, l’Algérie enregistre une hausse considérable de contaminations au coronavirus, en frôlent les 200 cas quotidiens (199 nouveaux cas et 9 décès vendredi 23 avril).

L’autre facteur qui entrave la réouverture des frontières reste la détection et la propagation, en Algérie, des nouveaux variants du coronavirus. Dans un communiqué diffusé jeudi 22 avril, l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) a indiqué que le pays comptait (jusqu’à jeudi) 373 cas des nouveaux variants de la pandémie, soit «143 contaminations pour le britannique et 230 contaminations pour le nigérian ». Dans ce cadre, le Pr Kamel Djenouhat, président de la Société algérienne d’immunologie et chef de service du laboratoire central EPH Rouiba, a mis en garde contre « le variant nigérian » qu’il considère « très menaçant » pour les Algériens.

La campagne de vaccination anti-Covid toujours à la traîne en Algérie

Par ailleurs, la campagne de vaccination reste l’autre aspect à pendre en considération dans la question de la réouverture des frontières. Les membres du Comité scientifique de suivi de la pandémie de coronavirus, relevant du ministère de la Santé, avaient déclaré, à maintes reprises, que les mesures restrictives demeureraient en vigueur tant que 70 % des Algériens n’étaient pas vaccinés. Un chiffre qui devrait assurer une immunité collective.

Néanmoins, cet objectif, très ambitieux, s’annonce irréalisable. En effet, après deux mois du début de la campagne de vaccination, l’Algérie n’a pu vacciner que 0.17 % de sa population, faute de vaccins. Elle se retrouve, donc, parmi les pays qui ont le moins avancé dans cette opération de santé publique. « Nous sommes loin de l’immunité collective. Nous avons besoin d’acquérir entre 30 et 40 millions de doses de vaccins car les quantités reçues sont très faibles », a souligné Mohamed Yousfi, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de Boufarik (Blida), sur les ondes de Radio Sétif. Le spécialiste a d’ailleurs exclu toute possibilité de réouverture de l’espace aérien de l’Algérie dans les conditions sanitaires actuelles.

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