Le spectre du retour de certaines maladies éradiquées en Algérie n’est pas à écarter, selon des spécialistes de la santé. La raison ? Le manque de plusieurs vaccins pédiatriques au niveau des centres de santé du pays. Les principaux vaccins contre la tuberculose, la rougeole, la poliomyélite, la rubéole et l’hépatite B sont actuellement en pénurie, selon les professionnels de la santé.

En effet, cinq principaux vaccins du calendrier national de vaccination pour la protection des enfants d’un bon nombre de maladies, dont la tuberculose, la rougeole, la poliomyélite, la rubéole et l’hépatite B, sont actuellement en pénurie dans les centres de vaccination. Selon une enquête publiée le 25 octobre par le quotidien El Watan, les vaccins en pénurie sont celui contre la poliomyélite oral (VPO) et celui inactivé en forme injectable contre la poliomyélite (VPI), le vaccin combiné contre la rougeole, oreillons, rubéole (ROR), celui contre l’hépatite B (HVB) et le vaccin contre la tuberculose (BCG). Des vaccins recommandés par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Ces principaux vaccins prescrits chez les enfants en bas âge sont en rupture de stock depuis quelques semaines dans la majorité des centres de santé du pays. Une situation qui fait craindre le pire d'après les spécialistes de la santé qui ne cachent pas leur inquiétude face à ces retards dans la vaccination pour protéger les enfants de certaines pathologies mortelles, telles que la rougeole. Le vaccin ROR et le VPO sont introuvables dans la majorité des centres de vaccination, alors que le VPI et le BCG sont disponibles dans certains d'entre eux.

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Cinq principaux vaccins pédiatriques en rupture de stock

« Les dernières doses qu’on trouve dans certains centres de notre circonscription, que ce soit pour le BCG ou autres vaccins, nous les partageons selon la disponibilité. Nous programmons un groupe de nourrissons et nous appelons les parents à se rendre à une structure précise, pour ne pas retarder davantage leur vaccination », témoigne une cheffe de service d’un centre de santé à Alger.

Pour les spécialistes de la santé, la vaccination pour protéger les enfants en bas âge de certaines maladies virales mortelles est « un acquis à préserver ». Et d’avertir que « le recul de la vaccination de cette frange de la population favorisera le retour de ces maladies. Ce qui provoquera d’autres épidémies en cette période de pandémie de Covid-19, d’où une surcharge sur les services de santé ».

Les pédiatres sont unanimes à souligner l’importance de la vaccination, qui, selon eux, est une arme fatale contre certaines maladies contagieuses qu’on voit malheureusement revenir même dans les pays développés. Des maladies dont quelques-unes ont été éradiquées depuis des années.

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