La chambre d'accusation près le tribunal de Tamanrasset a rejeté, ce mardi 27 avril, la demande de liberté provisoire au journaliste du quotidien Liberté, Rabah Kareche. Notre confrère de Tamanrasset restera donc en prison jusqu'à sa comparution devant un tribunal.

Rabah Kareche, correspondant du quotidien francophone Liberté à Tamanrasset, ne quittera pas sa cellule ce mardi. La chambre d'accusation a choisi de confirmer le mandat de dépôt décidé à son encontre lundi 19 avril, et ce, 24 heures après sa garde à vue.

Il faut dire que de graves accusations pèsent sur lui, comme l'atteinte à l'intégrité du territoire national, la propagation d'informations susceptibles de porter atteinte à la sécurité nationale et à l'ordre public et la publication sur Internet d'informations susceptibles de provoquer la discrimination et la haine dans la société.

En fait, ces accusations se basent réellement sur un article de Rabah Kareche qui rend compte d'une action de protestation menée par des notables des localités de Tazrouk et Ideles. Ces derniers voulaient dénoncer le nouveau découpage territorial qui offre 14 localités affiliées à ces deux communes à la nouvelle wilaya de Djanet.

Un article sur le nouveau découpage territorial en cause

Il faut dire que ces localités sont riches en gaz, pétrole et eau et les Touareg contestataires n'ont pas manqué de développer un discours virulent à l'égard des auteurs du découpage ayant conduit à la création de dix nouvelles wilayas, dont Djanet. Ils ont carrément menacé de « déterrer la hache de guerre » si le découpage en question n'est pas remis en cause.

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« Il ne s’agit pas d’une opération administrative anodine, mais d’une tentative de scission visant la stabilité du Grand Sud. On veut apparemment réveiller les vieux démons et pousser les Touareg à déterrer leurs haches de guerre pour recouvrer leur territoire dont les frontières ont été, faut-il le rappeler, tracées avec le sang de leurs aïeux », avaient menacé les Touareg. Rabah Kareche a repris ces propos dans les colonnes de son journal. Et visiblement, c'est cet article qui est la source de ses déboires avec la justice.

A noter, enfin, que cette affaire en justice impliquant le correspondant de Liberté à Tamanrasset se base sur l'article 34 de la loi relative à la lutte contre la discrimination et le discours de haine et aux articles 79 et 196 bis du Code pénal. Mais elle vient aussi en contradiction de l'article 54 de la Constitution algérienne qui dispose clairement que « la liberté de la presse, audiovisuelle et électronique est garantie ».

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