Le procureur près le tribunal de Cheraga, à Alger, a requis, ce mardi 27 avril, 3 et 5 de prison à l'encontre de la militante Amira Bouraoui, accusée dans deux affaires différentes. Le procureur a requis 3 ans de prison pour les accusations d'« outrage à corps constitué » et « offense à la personne du président de la République », et 5 ans pour « offense aux préceptes de l’islam ».

Amira Bouraoui est jugée pour deux affaires distinctes. Le procureur a requis 3 ans de prison ferme et 300 000 dinars d'amende pour les chefs d'accusation d'« incitation à attroupement non-armé », « offense au président de la République par une expression outrageante, injurieuse ou diffamatoire » « publication pouvant porter atteinte à l’unité nationale » et « informations ou nouvelles fausses ou calomnieuses, susceptibles de porter atteinte à la sécurité ou à l’ordre public ». Dans l'autre affaire, le procureur a requis 5 ans de prison ferme et 500 000 dinars d'amende à l’encontre de la militante pour « offense ou dénigrement du dogme ou des préceptes de l’islam ».

Amira Bouraoui a déjà été condamnée

Le procès de la gynécologue de 44 ans et mère de deux enfants de 12 et 16 ans devait avoir lieu le 30 mars dernier. Il a été reporté à plusieurs reprises. La militante, très présente dans les actions de protestation contre le règne de Bouteflika, est la co-fondatrice du mouvement Barakat. Celle qui s’est illustrée par ses positions contre le quatrième mandat de l’ex-président déchu, Abdelaziz Bouteflika, n’en est pas à ses premiers ennuis avec la justice. Amira Bouraoui a été, en effet, condamnée en juin dernier par le tribunal de Cheraga à une année de prison ferme pour « incitation à attroupement », « atteinte à l’unité nationale », « atteinte aux préceptes de l’islam » et « offense au président de la République », entre autres chefs d’accusation. Elle a été libérée provisoirement en juillet 2020.

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