Un comité de soutien au journaliste du quotidien Liberté incarcéré à Tamanrasset, Rabah Kareche, sera prochainement mis sur pied. L'annonce a été faite au cours d'une conférence de presse animée, ce lundi 3 mai, par le collectif des avocats du correspondant, à l'occasion de la célébration de la Journée de la presse.

Amirouche Bakouri, Abdelhani Badi et Mostefa Bouchachi, les avocats constituant le collectif de défense du journaliste Rabah Kareche, ont animé un point de presse à l'occasion de la célébration de la Journée de la presse. Au cours de cette rencontre, il a été annoncé la création prochaine d'un comité de soutien au correspondant de Liberté, qui se trouve depuis quelques jours dans la prison de Tamanrasset, dans l'extrême sud de l'Algérie.

« Cette initiative a été prise après concertation entre les journalistes du journal Liberté et des autres organes », a souligné l'animatrice de la rencontre, la journaliste Lynda Abbou. « L'annonce de la création officielle de ce comité se fera dans les toutes prochaines heures », a-t-elle ajouté, précisant que la mission assignée à ce comité ainsi et les détails y afférents seront communiqués en temps opportun.

Sit-in et rassemblements à l'occasion de la Journée de la presse

Il est à noter qu'à l'occasion de la célébration de la Journée de la liberté de la presse, qui coïncide avec le 3 mai de chaque année, plusieurs rassemblements et sit-in de soutien au même journaliste ont été observés dans plusieurs wilayas du pays. Néanmoins, ce n'est pas la première fois que les confrères de Rabah Kareche descendent dans la rue pour réclamer sa libération. Il y a quelques jours, ils ont observé un sit-in devant le siège du quotidien de Liberté.

La localité de Yakourene, dans la wilaya de Tizi Ouzou, d'où est issu le journaliste incarcéré, n'a pas non plus attendu cette journée pour dénoncer sa détention arbitraire. Les habitants de la région ont battu le pavé la semaine dernière, pour crier leur colère et réclamer la libération sans condition du journaliste.

A rappeler que Rabah Kareche a été arrêté le 18 avril dernier et mis sous mandat de dépôt 24 heures plus tard. Il est poursuivi pour « atteinte à l’intégrité du territoire national », « propagation d’informations susceptibles de porter atteinte à la sécurité nationale et à l’ordre public » et « publication sur Internet d’informations susceptibles de provoquer la discrimination et la haine dans la société ».

Le collectif de défense dénonce

Le collectif de défense de Kareche a affirmé, lors du point de presse de ce lundi, que le journaliste avait été appréhendé pour ses articles et rien d'autre. A l'occasion, Amirouche Bakouri, Abdelhani Badi et Mostefa Bouchachi ont épinglé le pouvoir face à la situation de la liberté de la presse en Algérie. « Il n'y a pas de liberté de la presse en Algérie », constatent-ils. « C'était mieux avec l'Algérie de Bouteflika », avoue, avec amertume, Amirouche Bakouri.

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