C'est le soulagement pour les ressortissants algériens vivant à l'étranger. L'annonce faite par le ministre de la Santé à propos d'une éventuelle réouverture des frontières pour permettre aux Algériens d'entrer dans leur pays a redonné de l'espoir à la diaspora algérienne, notamment celle résidant en France qui a accueilli la nouvelle avec grande joie.

L'Algérie pourrait enfin rouvrir ses frontières afin de laisser entrer les voyageurs, avec toutefois l'application de mesures sanitaires strictes. C'est en tous les cas ce qu'a indiqué, jeudi dernier, Abderrahmane Benbouzid, ministre de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière.

De quoi faire le bonheur de milliers de ressortissants algériens établis à l'étranger. Parmi eux, Nawel, une Franco-algérienne résidente à Paris, qui attend depuis plusieurs mois la réouverture des frontières pour pouvoir enfin entrer en Algérie et faire le deuil de sa mère, décédée en juillet 2020 en Algérie à cause du coronavirus.

La femme de 49 ans désire aussi se rendre à Alger pour enfin venir en aide à son père de 82 ans. « Il a encore des séquelles et il est très déprimé car, en plus de sa femme, trois de ses frères sont morts du Covid. À distance, on n’y arrive plus. Il faut qu’on puisse aller le voir ou le faire venir chez nous en France mais les services des visas étaient jusqu’ici fermés… », a indiqué Nawel au Parisien.

« C’est une bonne nouvelle. Une très bonne nouvelle »

Il faut dire que la fermeture des frontières en Algérie depuis le 17 mars 2020 a été une période éprouvante pour tous les Algériens vivant à l'étranger. Fatima, une autre Algérienne vivant en France, a du laisser partir seule la dépouille de son père en Algérie, décédé en novembre 2020, à l’âge de 88 ans, et qui a « passé toute sa vie dans le XIXe arrondissement de Paris », a fait savoir l'Algérienne au même média. « Il tenait à être enterré dans son village de Kabylie. Cinq jours après sa mort, un fourgon l’a emporté. Il y avait 43 cercueils dans l’avion… », raconte la femme de 59 ans qui vit, depuis cet incident, sous antidépresseurs.

Mais la réouverture des frontières algériennes a enfin soulagé Fatima. « C’est une bonne nouvelle. Une très bonne nouvelle ! », a estimé cette employée d’un Ehpad à Étréchy (Essonne). Elle est d'autant plus soulagée pour sa mère de 81 ans qui «  attend de pouvoir se recueillir sur la tombe en marbre de papa pour commencer son deuil », ajoute Fatima.

Réouverture des frontières algériennes : La question tranchée ce dimanche

Un sentiment de joie partagé par Nouara, travaillant comme aide ménagère à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Même si elle n'a pas perdu de membres de famille, cette Algérienne de 60 ans attend avec impatience la réouverture des frontières pour pouvoir être présente à l'anniversaire de son père qui aura 90 ans en juillet prochain. Lors du premier confinement, « il se plaignait beaucoup de la solitude. On a cru qu’il allait y passer mais mon père va bien maintenant, le moral est remonté », a confié l'Algérienne originaire de Tizi Ouzou.

Soulignons enfin que la présidence de la République algérienne a indiqué ce samedi que la question de la réouverture des frontières terrestres et maritimes en Algérie sera étudiée, dès dimanche 16 mai. Pour rappel, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid a révélé que le Comité scientifique avait suggéré aux pouvoirs publics la réouverture des frontières du pays «  à condition que des mesures sanitaires strictes soient appliquées sur les voyageurs désirant rentrer en Algérie ». Cette ouverture doit être conditionnée par « l’obligation de présenter un test PCR de moins de 36 heures pour chaque voyageur », selon ce comité. Il a également évoqué un isolement de 10 jours à l’arrivée en Algérie pour les voyageurs testés positifs.

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