Les autorités algériennes semblent décidées à faire taire la Révolution du sourire. La main lourde de la justice qui s'est abattue, dans la nuit de dimanche 16 à lundi 17 mai, sur les activistes du Hirak en est la démonstration parfaite. Entre lourdes condamnations et mandats de dépôts, des dizaines de Hirakistes ont fait les frais de l'escalade dans la répression adoptée ces derniers temps par les décideurs algériens.

En effet, le tribunal de Baïnem, à Alger, n'a pas chômé dimanche et pour les magistrats de cette institution, la nuit ne semble pas porter conseil. Comme beaucoup de magistrats en Algérie. Des dizaines de personnes interpellées vendredi ont été présentées dimanche devant le juge. Pour certains, des mandats de dépôt, pour d'autres, la comparution immédiate qui a conduit à des condamnations. De lourdes condamnations prononcées avec une facilité déconcertante.

C'est le cas du membre de la direction nationale du MDS, Ouahid Benhalla arrêté vendredi 14 mai, à la suite de sa participation à la marche du Hirak. Le tribunal de Baïnem l'a condamné à une année de prison ferme, après sa comparution peu après minuit. Plusieurs autres manifestants présentés durant la même nuit ont été condamnés à différentes peines de prison, avec ou sans mandats de dépôt. Certains seront, cependant, relaxés, faut-il le rappeler.

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22 personnes lourdement condamnées à Sétif

Devant le siège du tribunal en question, les membres des familles des détenus étaient choqués par les verdicts. Certains criaient leur colère parmi la foule, alors que d'autres n'ont pu retenir leurs larmes. Surtout que personne n'attendait des verdicts aussi lourds cette nuit.

 

Il faut dire que ce n'est pas le seul tribunal qui a montré que le pouvoir politique a décidé d'être intraitable avec les Hirakistes. A Sétif, le juge a condamné 22 personnes à un an de prison ferme avec mandat de dépôt et à 60.000 dinars d'amende chacun. Parmi eux, un titulaire de deux doctorats exerçant comme professeur à l'université Lamine Debaghine de la ville.

Aussi, le tribunal de Sidi M'hamed, à Alger, a mis 6 autres manifestants sous mandat de dépôt. La main lourde de la justice a également sévi dans plusieurs autres wilayas, à l'instar de Biskra, Constantine, Chlef et Bordj Bou Arreridj. Tous les prévenus font partie des manifestants que les services de sécurité ont arrêtés à l'occasion du 117e vendredi du Hirak en Algérie.

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