Le président du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), Ferhat Mehenni, est revenu, ce mercredi 19 mai, sur son placement en garde à vue au commissariat du 17e arrondissement de Paris. Le leader séparatiste a expliqué, au cours d'une conférence de presse, qu'il s'est retrouvé convoqué pour une affaire qui concerne « un usage frauduleux  de sa carte bancaire ». 

L'avocat de Ferhat Mehenni a ensuite pris la parole pour donner plus d’éclaircissements. Il a affirmé que son client avait été convoqué pour une affaire « de blanchiment d'argent en bande organisée ». Il ajoute que « pour qu'une infraction en droit français soit constituée, il faut avoir un élément intentionnel, avoir la volonté de commettre une infraction, il faut un élément matériel pour que l'infraction soit tout simplement attestée par des preuves accablantes, et il faut un élément formel qui ne souffre d'aucune discussion. Il faut que ça soit prévu par un texte qui réprime cette infraction ». L'avocat explique que l’absence de ces éléments a justement conduit au relâchement de Ferhat Mehenni et au classement « sans suite » de l'affaire.

Les procédures d'extradition sont longues et délicates

Par ailleurs, Ferhat Mehenni s'est exprimé sur une éventuelle procédure d'extradition. Le président du MAK a déclaré : « Nous ne resterons pas là. Il y a des procédures et des démarches pour l'extradition qui sont assez longues et assez délicates pour parvenir à une décision officielle ». Il a ajouté qu'il ne « pense pas que la France, un Etat de droit malgré les imperfections, pourra accéder aux demandes capricieuses d'Alger. Plus la France accepte les demandes capricieuses d'Alger, poursuit-il, plus Alger monte les enchères, donc, je ne pense pas que la France pourra aller dans ce délire ».

À lire aussi :  Voici le nouvel ambassadeur de l'Algérie en France

MAK, « organisation terroriste »

Quant au classement du MAK en tant qu'organisation terroriste, décidé par le Haut conseil de sécurité (HCS) en Algérie, Ferhat Mehenni a tenu à réaffirmer le pacifisme de son mouvement. « Nos militants sont sur le terrain, ils sont pacifiques. Je mets en garde le régime algérien de commettre des attentats au sein des foules pour les imputer au MAK. Nos militants ne feront jamais des actes terroristes, que tout le monde le sache. Nous sommes des hommes et des femmes de conviction. Nous sommes pacifiques. Il est hors de question qu'on nous impute quelque acte de violence que ce soit », indique-t-il.

Lire aussi : Le président du MAK réagit aux accusations de l’armée algérienne