Jugée le 25 mai dernier au tribunal de Sidi M'Hamed pour plusieurs chefs d'accusation, la journaliste Kenza Khatto a écopé de trois mois de prison avec sursis, assortie d’une amende de 20 000 DA. Le verdict est tombé ce mardi 1er juin. La journaliste a été condamnée pour « outrage à corps constitué ».

Ainsi, la main de la justice a encore frappé une journaliste arrêtée lors de la couverture médiatique d'une marche du mouvement populaire (Hirak) à Alger, le 14 mai dernier. Le tribunal de Sidi M'hamed a, en outre, relaxé la journaliste pour le chef d'accusation « d' atteinte à l’unité nationale ». Le parquet avait requis, lors du procès de Kenza Khatto, tenu le 25 mai dernier, 1 an de prison ferme.

La journaliste était poursuivie pour « atteinte à l’unité nationale, publications de nouvelles pouvant porter atteinte à l’intérêt national, incitation à attroupement non armé et outrage à corps constitué ». Elle a été arrêtée alors qu'elle assurait la couverture médiatique d'une marche du mouvement populaire. Elle a été, par la suite, maintenue en garde à vue durant plusieurs jours, avant d’être présentée devant le procureur de la République, le 17 mai. Le procureur avait décidé de sa comparution immédiate avant que la justice ne décide de renvoyer son procès au 25 mai.

Il faut dire que ces derniers temps sont difficiles pour la presse en Algérie. Après le blocage de plusieurs sites, dont Observ'Algérie, des journalistes sont régulièrement interpellés pendant l'exercice de leur travail. Ces arrestations confirment la volonté du pouvoir de museler toutes les voix discordantes. La condamnation de la journaliste Kenza Khatto est une nouvelle preuve de la précarité dans laquelle les journalistes algériens exercent leur métier et de la pression qu’ils subissent. Elle intervient aussi au moment où le journaliste Rabah Kareche, correspondant du quotidien francophone Liberté à Tamanrasset, croupit en prison depuis plus d'un mois.

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