Le chef de l'Etat, Abdelmadjid Tebboune, s'est exprimé, ce mercredi 2 juin, sur plusieurs sujets relatifs à l'actualité nationale, régionale et internationale, dans un entretien accordé au magazine le Point. Il a notamment évoqué le Hirak, les prochaines législatives et la réouverture des frontières.

Concernant le mouvement populaire, le chef de l'Etat a réaffirmé que, pour lui, le Hirak c'est du passé : « Je n’utilise plus ce mot (Hirak) parce que les choses ont changé. Le seul Hirak auquel je crois est le Hirak authentique et béni qui a spontanément rassemblé des millions d’Algériens dans la rue. Ce Hirak-là a choisi la voie de la raison en allant à l’élection présidentielle. Il n’a pas écouté le chant des sirènes qui le poussait à aller vers une période transitoire, et dix millions d’Algériens sont allés voter. Une minorité a refusé l’élection. Je pense que tout Algérien a le droit de s’exprimer, mais je refuse le diktat d’une minorité », a-t-il estimé.

Et de poursuivre : « Lorsque les marches, après la présidentielle, rassemblaient encore de 20 000 à 25 000 manifestants à travers le pays, j’ai été le premier à tendre la main aux gens du Hirak et à les recevoir. Dans mon premier gouvernement, on compte cinq ministres qui en sont issus. Des personnes que j’avais vues m’insulter dans des vidéos ! »

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« Je ne crois plus au Hirak »

Pour Adelmadjid Tebboune, « aujourd’hui, dans ce qui reste du Hirak, on trouve de tout, il y en a qui crient "État islamique !" et d’autres qui scandent "pas d’islam !". Les manifestants expriment peut-être une colère, mais ce n’est pas le Hirak originel. C’est très hétéroclite ».

Invité à s'exprimer sur le classement du mouvement Rachad et du MAK comme organisations terroristes, le chef de l'Etat a affirmé que ce sont ces mouvements « qui se sont déclarés comme tels ». « Rachad a commencé à mobiliser tous azimuts, à donner des instructions pour affronter les services de sécurité et l’armée. Le MAK a tenté d’agir avec des voitures piégées. Face aux appels à la violence, la patience a des limites », a expliqué Tebboune.

À la question de l'emprisonnement du journaliste de Liberté Rabah Kareche, Tebboune n'a pas hésité à accuser celui-ci de « pyromane ». « Il a joué à tort au pyromane sur un sujet très sensible. Très grave », a-t-il dit. Evoquant les prochaines législatives, Tebboune estime que la population s'intéresse à ce rendez-vous, contrairement, soutient-il, à ce qui se dit.

« Si la situation se dégrade, nous refermerons »

Le chef de l'Etat s'est également exprimé sur un sujet qui tient en haleine les Algériens, plus particulièrement la diaspora. Il s'agit de la réouverture des frontières. Tebboune n'écarte pas la possibilité de fermer à nouveau si la situation sanitaire ne va pas en s'améliorant en Algérie.

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Selon lui, la fermeture des frontières des mois durant a protégé les Algériens du coronavirus. « Si nous avons fermé les frontières, ce n’est pas pour sanctionner la population, mais pour la protéger », a-t-il assuré, ajoutant que « même avec les frontières fermées, nous avons rapatrié un peu plus de 80 000 Algériens. Aux frais de l’État. Aucun pays n’a fait ça ».

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