L’affaire de l’avocat incarcéré Abderraouf Arslane, depuis le 26 mai à Tébessa, continue de susciter de nombreuses réactions, notamment chez ses collègues à l’échelle nationale, réclamant sa remise en liberté. Une affaire sur laquelle le parquet est revenu ce jeudi 3 juin à travers une conférence de presse tenue par le procureur général adjoint de la cour de justice Tébessa. Ce dernier a affirmé que « l’avocat Abderraouf Arslane et trois autres personnes ont été placés sous mandat de dépôt pour appartenance au mouvement Rachad ».

Le premier procureur adjoint de la cour de justice de Tébessa a tenu une conférence de presse, ce jeudi 3 juin, pour évoquer l’affaire des quatre personnes présumées impliquées d’appartenance au mouvement Rachad. Parmi les mis en cause, figure l’avocat Abderaouf Arslane, qui se trouve sous mandat de dépôt en compagnie de trois autres personnes. Le procureur général adjoint a déclaré que « l'affaire a été traitée par la brigade de recherche de la gendarmerie nationale, et les quatre suspects ont été placés en détention provisoire ».

Le représentant du Parquet a précisé que « parmi les suspects, figure B. Aziz qui a avoué avoir rejoint le mouvement Rachad en 2017, et les suspects M. Azzedine, H. Redouane qui ont également admis que le financement des membres de l'organisation se fait par la solidarité et la collecte de fonds ».

Abderraouf Arslane accusé d'appartenance au mouvement Rachad

Selon la même source, les suspects ont été présentés devant le procureur de la République, et leur dossier a été déféré au juge d'instruction. Selon le procureur adjoint, l'avocat est poursuivi « pour des faits délictueux n'ayant rien à voir avec la profession d'avocat ». Le conférencier a précisé que le juge d'instruction a ordonné le placement en détention provisoire de tous les prévenus après avoir examiné tous les aspects du dossier. « L'enquête a révélé l'existence de contacts avec des parties étrangères, dont une chaîne de télévision faisant la propagande pour l'organisation terroriste Rachad », précise le procureur adjoint.

Les avocats affichent leur solidarité avec leur collègue

Toutefois, la mise sous mandat de dépôt de l’avocat Abderaouf Arslane a suscité la colère des robes noires à travers les différents barreaux du pays. Plusieurs rassemblements ont été tenus ces dernières quarante-huit heures par des avocats dans plusieurs wilayas du pays, à l’instar de Tizi Ouzou, Bejaïa, Oran et Alger. Le barreau de Tébessa a annoncé, le 1er juin, sa décision de boycotter les tribunaux et la cour de la wilaya et exige la libération immédiate de l’avocat. En outre, le barreau de Tébessa appelle l’Union nationale de l’Ordre des avocats et les autres barreaux à travers le pays à réagir contre ce qui est considéré comme « une grave atteinte aux droits de la défense ».

Dans une déclaration postée Lasix pharmacy sur http://www.slaterpharmacy.com sa page Facebook le même jour, Me Mokrane Aït Larbi a affirmé que Abderraouf Arslane a été placé en détention « sans raison légale ». Mokrane Aït Larbi souligne aussi que « l’emprisonnement de notre collègue pour ses opinions laisse penser que les autorités politiques ont préparé une liste d’avocats actifs à mettre en prison ». « Par conséquent, tous les avocats au niveau national sont tenus de boycotter toutes les séances à une date devant être déterminée par les organisations d’avocats, et cela jusqu’à la remise en liberté de Abderraouf Arslane », exhorte-t-il.