Récupération par l'Etat de l'ETRHB de Ali Haddad : Le groupe ETRHB-Haddad ne sera visiblement pas dissous. Le sauvetage du groupe des travaux publics de l'ex-symbole de l'oligarchie algérienne Ali Haddad semble avoir été décidé en haut lieu, selon une note, datée du jeudi 3 juin et signée par l'administrateur désigné après l'incarcération de l'ex-patron du Forum des chefs d'entreprise (FCE).

Selon cette note de service rendue publique plus tard, les pouvoirs publics en Algérie se dirigent vers la récupération par l'Etat de l'ETRHB de Ali Haddad. L'administrateur du groupe ETRHB a fait savoir aux employés que désormais toutes les décisions qui touchent à l'entreprise seraient du ressort exclusif de l'Etat.

C'est donc vers une nationalisation de l'ETRHB que l'Etat algérien se dirige. La reprise en main par les pouvoirs publics de cette entreprise des travaux publics ne manquera pas de rassurer quelque peu les milliers d'employés qui redoutaient que l'ETRHB connaisse le même sort que le groupe Khalifa. Au lieu de la fermeture de l'entreprise, l'Etat opte finalement pour le sauvetage.

Récupération par l'Etat de l'ETRHB

Cependant, l'administrateur du groupe ETRHB ne manquera pas de faire savoir dans sa note que ce transfert de propriété serait accompagné d'un changement profond au sein de l'entreprise. Pour cela, des mesures seront prises incessamment, notamment en ce qui concerne le fonctionnement et les contrats en cours d'exécution.

Cette nouvelle donne intervient après les dernières décisions de la Cour suprême concernant les dossiers en justice de l'entreprise et de son ex-PDG, Ali Haddad. En effet, le dernier recours introduit par l'ex-patron des patrons et oligarque proche de la présidence de Abdelaziz Bouteflika a été rejeté par la Cour suprême. Ali Haddad purgera donc ses 18 ans de prison conformément à sa condamnation prononcée en mars.

Il importe de rappeler que Ali Haddad purge actuellement une peine de 18 ans de prison dans au moins un dossier dans lequel sont impliqués plusieurs hauts responsables, dont les ex-Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal. Ils ont tous eu de lourdes condamnations pour différents chefs d'accusation, notamment blanchiment d’argent, pressions sur des fonctionnaires afin d’obtenir des indus avantages, corruption de fonctionnaires et financement occulte de campagne électorale.

En novembre 2020, la Cour d'appel a réduit la peine de Ali Haddad de 18 à 12 ans de prison ferme, mais le parquet général avait fait appel contre cette décision. Les peines des coaccusés de l'ex-patron du FCE avaient également été réduites en appel et le pourvoi en cassation du parquet général les visent également. C'est finalement le 11 mars 2021 que la peine initiale de 18 ans a été restaurée et confirmée plus tard par la Cour suprême.