Le dossier des essais nucléaires de la France en Algérie, qui représente une épine dans les relations entre les deux pays, va connaitre vraisemblablement un début de solution. En effet, les Algériens victimes des essais nucléaire français pourraient être prochainement indemnisés.

Pour ce faire, la commission de la défense de l'Assemblée nationale française s'est réuni, ce mercredi 9 juin, afin d'examiner une proposition de loi pour élargir l’indemnisation des Algériens victimes des essais nucléaires français. Cette proposition de loi a pour objectif d'élargir la loi Morin entrée en vigueur depuis 2010. Une loi qui encadre ces indemnisations. Depuis sa promulgation, plus de 1700 demandes ont été déposés.

Élargissement de la loi Morin et indemnisation des victimes transgénérationnelles

La proposition d'élargissement de la loi Morin a été déposée par le député polynésien Moetai Brotherson. Elle consiste notamment à l'ouverture des droits à des indemnités pour les victimes dites « transgénérationnelles ». Autrement dit, des descendants de personnes exposées aux essais cliniques et qui souffriraient elles-mêmes de pathologies liées. Alors que dans l'état actuelle des choses, les ayants droit peuvent faire une démarche au nom d’un proche disparu, mais pas pour un préjudice propre. Cette proposition de loi prévoit aussi la mise en place d’une commission pour établir un « programme de dépollution, de traitement, d’assainissement et de gestion des sites des essais nucléaires ».

La démarche du député , même si elle ne fait pas l'unanimité, répond en partie aux revendications de l’Algérie. Des revendications qui consistent, entre autres, à la décontamination des sites concernés.

Il faut dire que même si les autorités françaises ne répondent pas encore favorablement aux requêtes algériennes, des hommes politiques français réclament que la questions soit résolue. En avril dernier , des députés français ont saisi le président Emmanuel Macron sur les essais nucléaires de la France en Algérie durant les années 1960. Dans une tribune publiée par Le Journal du Dimanche (JDD), ces députés, au nombre de neuf, réclament la publication des données et les cartes des zones de déchets.

Une tempête de sable remet les essais nucléaires de la France sur la table

Les neuf députés signataires de la lettre avaient rappelé le phénomène à l’arrivée du sable du Sahara algérien en France au début de l'année et dont les études sur la qualité de la poussière ont démontré le caractère néfaste.

« Courant février, le ciel d’une large partie de la France a arboré une teinte orangée créant une atmosphère particulière. Le sable du Sahara, porté par les vents, est à l’origine de ce phénomène. Selon les analyses de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, ce sable avait des teneurs en Césium-137 (élément radioactif) supérieures à la moyenne, mais sans danger pour l’être humain », indiquent les rédacteurs de la missive adressée au président Macron.