Les véritables raisons du retrait par les autorités algériennes de l’accréditation de la chaîne française d'informations France 24 seraient finalement liées au traitement par ce média des dernières élections législatives en Algérie. Il s’agit notamment du volet lié au taux de participation et des interventions de certaines figures de l’opposition en direct à l’antenne lors de la couverture de cette élection.

En effet, selon la journaliste et présentatrice de la chaine France 24 Karima Ziada, les autorités algériennes ont décidé de retirer l’accréditation à France 24 en raison du traitement de la question du taux de participation aux élections législatives du 12 juin.

« Parmi les raisons qui étaient derrière le retrait de l’agrément figure la question du taux de participation. C’est à cause de l’analyse faite sur l’antenne par le politologue algérien Abdelali Razagui », écrit la journaliste algérienne de France 24 Karima Ziada sur son compte Twitter.

Une analyse et des opposants politiques

Pour rappel, lors de son intervention en direct sur l’antenne de France 24 à partir d’Alger dans la soirée du 12 juin, le politologue algérien Abdelali Razagui a exprimé son « étonnement devant le taux de participation élevé » aux élections législatives en Algérie. « En l’espace de quatre heures à plus de 30 pour cent, alors que sept wilayas n'ont pas dépassé 7 % de votants ». Il a ajouté que « le processus de vote est un échec pour le pouvoir, et que le mécanisme de changement réside dans l'appel à un dialogue national avec le mouvement du Hirak et la définition de nouvelles élections loin des institutions militaires en établissant un organisme national algérien ».

À lire aussi :  Vers une coopération nucléaire entre le Maroc et Israël

Une analyse qui aurait soulevé le courroux des autorités algériennes, d'après Karima Ziad, journaliste et présentatrice de France 24 depuis Paris. Cette dernière a également affirmé dans un autre tweet que « les autorités algériennes n’ont pas appréciés le fait que France 24 a indique dans l’une des ses éditions que le taux enregistré lors des législatives du 12 juin est le plus faible dans l’histoire des élections du genre en Algérie ». Selon la même source, « le fait que France 24 a évoqué le rejet de cette élection en Kabylie et surtout ouvert le micro à ceux que le pouvoir qualifie d’opposants n’a pas été du goût des autorités algériennes » lors de la couverture de ces législatives.

France 24 perd son accréditation en Algérie

Pour rappel, le gouvernement algérien a décidé, dimanche 13 juin, de retirer l’accréditation de la chaine de télévision internationale France 24 en Algérie. « Ce retrait est motivé par l’hostilité manifeste et répétée (de France 24, ndlr) contre notre pays et ses institutions », a affirmé Ammar Belhimer dans une déclaration à l’APS. Ce dernier a souligné que ce retrait est aussi motivé par « le non-respect des règles de la déontologie professionnelle, la désinformation et la manipulation ainsi qu’une agressivité avérée à l’égard de l’Algérie ».

À lire aussi :  Vers une coopération nucléaire entre le Maroc et Israël

Une décision qui a « étonné » la direction de la chaîne d’information française, qui a réagit ce lundi 14 juin à travers un communiqué. « Nous avons été informés en fin de journée (du dimanche 13 juin, ndlr) que les autorités algériennes avaient décidé de retirer l’accréditation de nos correspondants dans le pays. France 24 s’étonne de n’avoir reçu aucune explication à cette décision », a indiqué la chaîne française dans un communiqué diffusé sur son site officiel.

France 24 a tenu à rappeler que sa « couverture des événements en Algérie se fait toujours en toute transparence et avec un grand souci d’indépendance et d’honnêteté. Comme c’est le cas dans sa couverture des événements dans le monde », ajoute la chaîne dans son communiqué.