La reprise économique en Algérie va tarder à venir. C'est ce qu'a affirmé la Banque Mondiale dans son bulletin publié le 14 juin sur son site. La banque mondiale a indiqué que « la lenteur du rythme de vaccination en Algérie » impactera négativement la relance économique.

En plus des difficulté auxquelles fait face l'économie algérienne, surtout depuis le début de la crise sanitaire due au COVID-19, et la chute des prix du pétrole, la relance devra attendre.

D'après la Banque mondiale, ce retard est essentiellement dû à la lenteur du rythme des vaccinations. L'économie algérienne « tardera à se redresser, dans un contexte de pertes d’emplois et de revenus, et de faible confiance des consommateurs et des entreprises », peut-on lire dans le bulletin de cette institution monétaire.

La note de la BM ajoute que « certaines mesures de confinement pourraient rester en place dans le pays jusqu’en 2022 », engendrant de ce fait un retard dans la reprise économique, bien que « l’industrie des hydrocarbures devrait rebondir en 2021 ».

Une lenteur de croissance qui dure depuis 2015 en Algérie

La Banque mondiale rappelle également que cette crise économique « fait suite à cinq années consécutives de ralentissement de la croissance du PIB (2015-2019) en Algérie ». Elle explique que la situation de l'économie algérienne est liée à la nature de son économie « tirée par un secteur des hydrocarbures en contraction, un modèle de croissance labyrinthique mené par le secteur public et un secteur privé qui peine à devenir le nouveau moteur de la croissance économique ».

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L'institution financière internationale indique que « l’industrie des hydrocarbures, qui représentait 20 % du PIB, 41 % des recettes fiscales et 94 % des recettes d’exportation en 2019, connaît un déclin structurel ». Elle souligne que la croissance du PIB réel « s’est contractée de 5,5 % en raison des mesures de confinement prises pour contenir la pandémie de Covid-19 et d’une baisse simultanée de la production d’hydrocarbures, qui est passée en dessous du quota OPEP de l’Algérie ».

COVID-19, baisse des exportations d'hydrocarbures et prêts aux entreprises publiques

La Banque Mondiale affirme aussi que la crise sanitaire a lourdement impacté les « secteurs à forte intensité de main-d’œuvre, tels que les services et la construction, largement concentrés dans l’économie informelle, et qui ont été profondément touchés, entraînant la perte temporaire ou permanente de nombreux emplois ». Elle constate que « la chute temporaire des prix du pétrole, conjuguée à la baisse des volumes d’exportation, a provoqué un effondrement brutal des recettes d’exportation d’hydrocarbures ce qui a engendré un déficit budgétaire global qui s’est creusé pour atteindre 16,4 % du PIB en 2020 ».

La Banque mondiale a avertit sur les risques auxquelles font face les banques publiques algériennes à cause des prêts octroyés aux entreprises publiques en difficulté. Elle affirme que malgré une forte contraction des importations et une dépréciation modérée du taux de change, le déficit commercial « ont augmenté à 14,4 % du PIB, et les réserves de change ont chuté à 46,9 milliards de dollars à la fin de 2020 (une baisse de -24 % en glissement annuel), soit environ 12,8 mois d’importations ».