La Banque mondiale a relevé une nette hausse de la dette publique en Algérie. Il ressort de son dernier bulletin d’information économique de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) que cette dette a augmenté de 5,8 points de pourcentage, passant de 45,6% du produit intérieur brut (PIB) en 2019 à 51,4% en 2020.

Ainsi, dans ce bulletin intitulé « Vivre avec la dette : comment les institutions peuvent tracer la voie de la reprise dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord », la Banque mondiale fait une description détaillée des effets dévastateurs de la pandémie de Covid-19 sur le plan économique. Elle a également analysé les ramifications à long terme de l’explosion consécutive de la dette publique et des choix difficiles auxquels les autorités nationales seront confrontées, même lorsque la crise de santé publique se sera estompée.

Le bulletin indique que « les pays de la région MENA ont beaucoup emprunté pour juguler la crise de la COVID-19 et protéger les vies de leurs citoyens et leurs moyens de subsistance, autant d’investissements dans le capital humain, affirme Ferid Belhaj, vice-président de la Banque mondiale pour la région Moyen-Orient et en Afrique du Nord.  La région MENA reste certes en crise, mais nous pouvons entrevoir une lueur d’espoir, particulièrement avec le déploiement des vaccins.  Dans le même temps, il est crucial de disposer d’institutions fortes pour amortir les effets de la crise, relancer les économies et les reconstruire plus robustes et plus résilientes dans les années à venir » .

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Le gros de la dette publique est constitué de la dette interne

Ce rapport de la Banque mondiale indique également que pour l’Algérie, « le gros de la dette publique est constitué de la dette interne, estimée à 50,8% du PIB l’année dernière contre 45% en 2019. La dette extérieure publique est négligeable. Elle est évaluée à 0,6% du PIB. La dette extérieure publique et privée de l’Algérie a baissé de 0,4 point, passant de 2,3% du PIB en 2019 à 1,9% l’année passée, indique le rapport. La Banque mondiale s’attend à voir la dette publique régionale augmenter, pour passer de 46% du PIB en 2019 à 54% fin 2021 ».

La croissance réelle du PIB de l’Algérie a diminué de 5,5%

Les économistes de la Banque mondiale estiment que la croissance réelle du PIB de l’Algérie a diminué de 5,5% en 2020. Cette estimation représente une révision à la hausse de 1,1 point de pourcentage par rapport aux prévisions publiées en octobre 2020. La croissance de l’Algérie est inférieure de 7,4% points de pourcentage aux prévisions publiées en octobre 2019, soit avant la pandémie.

L'institution financière affirme qu'en « termes de statistiques, le PIB par habitant est sans doute une variable plus précise que le PIB pour rendre compte du niveau de vie dans la région ». Elle estime que « le PIB réel moyen par habitant de l’Algérie devrait baisser de -6,9% en 2020, pour remonter de 2,1% en 2021 et rechuter à 0,9% l’année suivante ». Quant au déficit budgétaire moyen de l’Algérie, il devrait baisser l'année en cours, pour atteindre 12,1% du PIB contre 16,4% l’année dernière et 9,6% en 2019. Le déficit budgétaire devrait, également, reculer, l’année prochaine à 10%.

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