Pétrole : l’Algérie pourrait profiter des difficultés de raffinage en Europe

Les difficultés rencontrées par le secteur du raffinage pétrolier en Europe ouvrent de nouvelles perspectives aux pays producteurs d’Afrique du Nord. Dans un contexte marqué par les perturbations des approvisionnements énergétiques et la réduction des capacités européennes de raffinage, l’Algérie pourrait renforcer sa présence sur ce marché. Plusieurs projets d’investissement dans le secteur des hydrocarbures s’inscrivent dans cette évolution.

Raffinage du pétrole : l’Europe a perdu 20 % de ses capacités depuis 2009

L’Europe a perdu environ 20 % de ses capacités de raffinage pétrolier depuis 2009, selon les données de FuelsEurope, l’association représentant l’industrie européenne du raffinage. Cette diminution intervient dans un contexte de durcissement des exigences environnementales et de transition énergétique.

Selon une analyse publiée le 25 octobre 2026 par Asharq Business–Bloomberg, les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont également affecté les approvisionnements européens, notamment en diesel. L’Europe dépend désormais des importations pour couvrir environ un cinquième de sa consommation de ce carburant.

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Cette situation intervient alors que l’Union européenne cherche à réduire sa dépendance aux hydrocarbures russes. La proximité géographique de l’Algérie et de l’Égypte avec l’Europe, ainsi que leurs infrastructures pétrolières existantes, pourrait leur permettre de répondre à une partie des besoins du marché européen.

L’Algérie prévoit 13 milliards de dollars d’investissements dans le raffinage et la pétrochimie

L’Algérie prévoit de développer ses capacités de raffinage et ses industries pétrochimiques afin de répondre à la demande intérieure et de renforcer ses exportations. Le 17 octobre 2026, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a annoncé une enveloppe d’environ 13 milliards de dollars destinée à ces deux secteurs d’ici 2030.

Selon l’Agence de presse algérienne (APS), ces investissements s’inscrivent dans un programme global de 71,6 milliards de dollars consacré au secteur des hydrocarbures. Ils prolongent le plan de développement 2025-2029 adopté par Sonatrach en 2024, qui prévoit notamment le renforcement des capacités de transformation du pétrole brut.

Les exportations algériennes de produits pétroliers raffinés concernent actuellement principalement le fioul, le gaz de pétrole liquéfié (GPL) et le naphta, selon les données de l’Administration américaine d’information sur l’énergie (EIA).

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Le diesel et le carburant d’aviation, deux produits recherchés sur le marché européen, occupent une place moins importante dans les exportations algériennes. Le développement des capacités de raffinage pourrait ainsi permettre au pays de diversifier ses ventes à l’étranger.

L’Algérie et l’Égypte pourraient répondre à une partie des besoins européens

L’Égypte cherche également à renforcer son industrie du raffinage. Le gouvernement égyptien prévoit 4,5 milliards de dollars d’investissements pour moderniser et développer ses installations, selon le ministre du Pétrole et des Ressources minérales, Karim Badawi.

Ce programme comprend notamment la construction de deux unités de transformation du fioul en diesel dans les raffineries de Suez et d’Al-Nasr, pour un investissement total estimé à 2,1 milliards de dollars. Des travaux sont également prévus à Assiout afin de répondre aux besoins des gouvernorats de Haute-Égypte.

Selon Sara Refouil, analyste principale des produits pétroliers chez Argus Media, les pays d’Afrique du Nord pourraient bénéficier des difficultés d’approvisionnement rencontrées par l’Europe. Les investissements dans le raffinage et le stockage suscitent notamment un intérêt accru depuis la guerre en Ukraine et les sanctions imposées à la Russie.

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De son côté, Francis Perrin, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), estime que les exportations vers l’Europe peuvent contribuer à la rentabilité des nouvelles raffineries africaines. Il souligne toutefois que la croissance de la demande intérieure du continent pourrait limiter les volumes disponibles à l’exportation.


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