La connexion au réseau Internet connait une forte perturbation en Algérie, ce dimanche 20 juin. Une perturbation qui s'étalera fort probablement pour toute la durée des examens du baccalauréat 2021, qui ont débuté ce dimanche 20 juin.

En effet, depuis ce matin, la connexion à Internet, via les trois opérateurs de téléphonie mobile algériens est « impossible », alors que le réseau d’Algérie Telecom connait une forte perturbation. La raison de cette coupure est liée au déroulement des épreuves du BAC 2021.

La connexion à Internet ralentie ou coupée pour la 6e année de suite en Algérie

Les Algériens se retrouvent donc à nouveau face à l'épineux problème des coupures de connexion internet lors des examens, une procédure malheureusement devenue une règle depuis 6 années. En effet, depuis 2015, les pouvoirs publics procèdent à une vaste coupure du réseau internet sur l'ensemble de l'Algérie à l'occasion du déroulement des épreuves du BAC.

Les pouvoirs publics ont procédé, dès l'entame de la première épreuve du BAC, à un ralentissement général de la connexion au réseau internet. Le réseau des trois opérateurs mobiles (Djezzy, Ooredoo et Mobilis) sont fortement affectés, et le réseau 4G-LTE d’Algérie Telecom est difficile d’accès.

Les réseaux sociaux, notamment Facebook, Twitter et Youtube sont quasiment inaccessibles à partir de l'Algérie.

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Quid de la « cellule de vigilance » du ministère de l'Éducation ?

Pourtant, à la veille épreuves du BAC, une source du ministère de l'Éducation nationale avait confié que le baccalauréat de cette année 2021 se déroulerait sans coupure de connexion. « Cette année, il n’aura pas de coupure général de la connexion à Internet, ni le blocage des réseaux sociaux. Une cellule de vigilance spécial BAC sera installée au niveau du ministère », explique la source du quotidien arabophone Echorouk.

« Cette cellule aura pour mission la surveillance et le contrôle des divers sites de réseaux sociaux et travaillera ensuite pour identifier les diffuseurs des sujets », et « intervient également directement pour engager des procédures administratives appropriées suivies de procédures judiciaires conformément au nouveau code pénal, qui punit d’un à trois ans d’emprisonnement toute personne impliquée dans l’atteinte à la crédibilité des examens scolaires officiels », ajoute la même source.

Qu'en est-il des promesses de Tebboune sur la connexion Internet lors du BAC ?

Ces promesses se sont finalement avérées de la poudre aux yeux puisque les citoyens se sont retrouvés, ce dimanche 20 juin, sans accès à Internet sur l'ensemble du territoire nationale. Une procédure qui a suscité, comme il fallait s'y attendre, une large réprobation de la part de l’opinion publique.

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Pour la majorité des Algériens, cette coupure engendre des pertes énormes sur le plan économique, lorsque l’on rappelle que des entreprises et des institutions se retrouvent pénalisées par cette procédure d’un autre âge. Même le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune avait affiché, l’année dernière, son courroux à la suite des coupure de l’Internet durant les épreuves du BAC 2020. Selon lui, « [cette coupure d’Internet] n’honore pas l’Algérie ».

Intervenant lors d’une rencontre avec des responsables de médias, en septembre 2020, Abdelmadjid Tebboune avait montré son mécontentement après les perturbations graves que la connexion Internet a connues durant les épreuves du baccalauréat session 2020. Il sera intraitable sur cette question, a-t-il indiqué. « Nous avons connu une dégringolade dans plusieurs domaines. Et ce qui s’est passé avec le problème de l’Internet ne nous honore pas », a fait savoir le chef de l’État, promettant qu’il ne sera pas indulgent, notamment en raison du lien étroit qu’il y a entre le futur de l’économie nationale et l’Internet.