La mère d'un harrag disparu a jeté un véritable pavé dans la marre, dimanche 4 juillet, en affirmant que son fils se trouve dans une prison en Tunisie. Dans une déclaration faite à Ennahar TV, cette maman affirme qu'elle détient toutes les preuves de ce qu'elle a avancé.

Nombre de jeunes algériens tentent de rejoindre clandestinement l'autre côté de la Méditerranée chaque semaine. Pour ce faire, il empruntent des embarcations de fortune. Ce n'est cependant pas tous le monde qui arrive à destination. Certains d'entre eux échouent en mer. D'autres sont portés disparus.

C'est le cas de ce jeune de la localité d'El-Kala, dans la wilaya d'El-Tarf à l'extrême-est de l'Algérie. Celui-ci est sorti de son domicile pour tenter une émigration clandestine le 21 mars dernier et, depuis, il n'a pas plus donné signe de vie. C'est ce qu'ont indiqué les membres de sa famille, dont sa mère. Cette dernière, qui a exprimé toute son amertume au microphone de la chaine de télévision privée Ennahar TV, a affirmé par ailleurs que son fils, ainsi que d'autres harraga, se trouveraient dans une prison en Tunisie. « J'ai toutes les preuves », a-t-elle lancé.

Intervenant lors de ce reportage diffusé dimanche 4 juillet, le frère du jeune disparu a souligné que lui et les familles des autres disparus ont initié plusieurs actions de rue pour réclamer que lumière soit apportée sur cette affaire. Leur action est toutefois restée sans suite.

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Des harraga algériens dans les prisions tunisiennes ?

Il est à noter que ce n'est pas la première fois qu'une telle annonce faisant état de la présence de harraga algériens dans des prisons en Tunisie soient faites. Le journal El Watan a rapporté, le mois de décembre 2020, que 14 harraga de Dellys (Boumerdes) portés disparus en haute mer en novembre de la même année se retrouvent à la prison d’El Mornaguia, près de Tunis.

À Annaba, plus de 400 familles de harraga disparus depuis 2007 se sont constituées en collectif. Ces dernières accusent la Tunisie de détenir illégalement leurs enfants. Elles ont, d’ailleurs, déposé plusieurs plaintes auprès du GTDFI, le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires de l’ONU. Ces plaintes jugées recevables eu égard aux preuves fournies n’ont donné lieu à aucune enquête sérieuse.