Plus de 1 000 Algériens croupissent dans les centres de rétention administrative français (CRA). C'est ce que révèlent les chiffres fournis par le comité intermouvements auprès des évacués (CIMADE). La même source affirme que ces Algériens se trouvent détenus parmi plus de 28000 personnes étrangères que la France veut expulser vers leurs pays d'origine.

Selon un rapport publié le 9 juillet par le comité intermouvements auprès des évacués (CIMADE), seulement quatre personnes ont été expulsées vers l’Algérie à cause de la fermeture des frontières. Ainsi en 2020, 1 000 ressortissants algériens ont été placés en CRA, mais seulement quatre ont été expulsés. À Bordeaux, 64 Algériens ont été enfermés, aucun n’a pu être expulsé. « L’État a tenté d’expulser quoi qu’il en coûte, en utilisant même des jets privés », selon Jeanne Greco intervenante de la CIMADE au CRA de Bordeaux.

Des Algériens en France attendent leur expulsion

En avril dernier, des détenus algériens au CRA de Bordeaux ont observé une grève de la faim pour dénoncer les conditions de leur détention. Selon le site régional Rue89 Bordeaux, qui a rapporté l’information, ces sans-papiers algériens, frappés par des obligations de quitter le territoire français, protestent contre les conditions de leur détention et l’allongement de celle-ci à cause de la fermeture des frontières.

« Cette situation explique que les expulsions soient ralenties, et que les délais de détention en centre soient rallongés alors qu’ils devraient être les plus courts possibles. Certains détenus veulent rester en France et d’autres rentrer dans leur pays, et sont convaincus qu’ils y arriveraient mieux par leurs propres moyens. Mais tous s’accordent sur le fait qu’ils veulent sortir du centre » précise La CIMADE.

Près de 50 000 personnes sont enfermées chaque année

La CIMADE intervient dans 8 centres de rétention en France afin d’y assurer un accompagnement humain des personnes enfermées et pour les aider dans l’exercice de leurs droits. Elle offre également une aide à des personnes qui font l’objet d’assignation à résidence et des mesures d’expulsion expéditives.

Selon la même source, chaque année, près de 50 000 personnes sont enfermées en France dans des centres ou des locaux de rétention administrative (CRA ou LRA), la moitié se trouvant dans les départements d’outre-mer. « Ces prisons qui ne disent pas leur nom totalisent plus de 2 000 places réparties dans 24 CRA et 26 LRA » selon la CIMADE.