La vice-présidente du Sénat français, Laurence Rossignol, regrette le silence des autorités de son pays face à la répression en Algérie. Dans un entretien publié ce dimanche 12 juin par le magazine Jeune Afrique, la sénatrice française est allée jusqu’à affirmer que « le soutien de la France au gouvernement [algérien] est aussi une forme d'ingérence ».

Dans un entretien publié ce dimanche 12 juillet par le magazine Jeune Afrique, la vice-présidente du Sénat français, Laurence Rossignol, regrette le silence de la France officielle sur le respect des droits de l’Homme en Algérie. « Alors que nos échanges et nos liens avec l’Algérie et sa population sont particulièrement forts, je constate un grand silence sur le respect des droits humains fondamentaux dans ce pays. Silence coûteux car tous les mouvements démocratiques qui affrontent des pouvoirs autoritaires ont besoins de soutiens extérieurs », affirme-t-elle.

Le Hirak isolé par peur de l'ingérence

« Cette propension au silence, sous prétexte d’accusation d’ingérence, isole de fait le mouvement démocratique du Hirak » estime la sénatrice. « J’ai considéré qu’il ne fallait pas céder à ce chantage à l’ingérence, que ce mouvement algérien avait besoin d’entendre qu’il avait des démocraties à l’extérieur qui ne le laissent pas tomber dans l’oubli », ajoute-t-elle.

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Le soutient de la France au « gouvernement algérien est aussi une forme d’ingérence »

Pour Laurence Rossignol, « soutenir le gouvernement algérien comme le fait notre gouvernement est aussi une forme d’ingérence ». « Quand seulement 23 % du corps électoral se déplace aux urnes pour élire les députés de la nation, comment ne pas y voir un rejet de la majorité des Algériens et des Algériennes ? » s’interroge-telle.

Laurence Rossignol demande à la France d'aider le Hirak algérien

Le 26 mai dernier, la sénatrice française Laurence Rossignol a interpellé Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, sur le virage répressif que connaît l'Algérie. « Parce que la situation des droits humains en Algérie est plus que préoccupante et qu’il incombe à la diplomatie française d’œuvrer à la diffusion des valeurs universelles censées nous guider : la justice et le respect de la dignité humaine », affirme la sénatrice. « Je suis une militante antiraciste de longue date. Cet engagement m’a amené à rencontrer beaucoup de gens et à militer avec des amis franco-algériens. Je me suis intéressée à ce qui se passe au-delà de la Méditerranée, j’ai été amenée à suivre précisément la mobilisation du Hirak. J’ai pu être tenue au courant de manière fiable, par des personnes en qui j’ai une grande confiance », ajoute-t-elle.

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Laurence Rossignol reconnaît la « grandeur » du Hirak

Pour la vice-présidente du Sénat français, « le mouvement du Hirak est intéressant à observer ». Selon elle, il arrive plus tard que les printemps arabes. « C’est un mouvement dynamique aux caractéristiques propres : pacifique, mixte à l’organisation répétitive. C’est un grand mouvement », reconnaît-elle.