Un ressortissant algérien, auteur d’une agression raciste en mai dernier, sur un livreur  noir en France, a été condamné à la prison ferme.  En effet, le tribunal correctionnel de Pontoise (Val-d’Oise) a condamné, le 8 juillet, l’Algérien Mourad .D, à deux ans de prison ferme.

Âgé de 24 ans, le ressortissant algérien a été déclaré coupable de violences à caractère racial, injures publiques et apologie de crime contre l’humanité contre un livreur noir à Cergy ( Val-d’Oise). En plus de sa peine de prison, il s’est vu infliger une interdiction de séjour dans le Val-d’Oise.

Énervé, l'Algérien tabasse le livreur

Les faits remontent au 31 mai. Vers 23 h, un livreur de la plateforme « Uber Eats » avait été tabassé alors qu’il venait récupérer une commande au restaurant « Le Brasco ». Devant l’établissement, Mourad D. attendait une pizza qu’il venait de commander. L'Algérien, énervé du volume sonore de l’enceinte transportée par le livreur, s’était alors mis à le frapper.

L'Algérien reconnait l’agression, mais dément tout caractère raciste

« Le mec s’est présenté devant moi, il m’a dit d’éteindre la musique. J’ai baissé la musique et il me met un coup de poing », décrit d’une petite voix à la barre la victime, selon le récit de l’AFP . Dans le box, le prévenu, né en Algérie, reconnaît la violente agression, mais dément tout caractère raciste.

L'Algérien tenait des propos nécrophobes

Le tumulte provoqué par cette altercation avait alerté une voisine noire habitant au-dessus du « Brasco ». En réponse aux interpellations de cette femme, le jeune algérien avait déversé sur elle des tombereaux d’insultes racistes pendant qu’elle le filmait avec son téléphone portable : « espèce de négresse, espèce de sale noire (...) Pendant huit cents ans, on vous a vendu comme du bétail ».

Cette vidéo, postée sur les réseaux sociaux, est rapidement devenue virale. À tel point qu’au lendemain de l’agression, des dizaines de personnes se sont rassemblées devant le restaurant pour manifester leur colère et tenter de mettre la main sur l’agresseur.

Plusieurs associations de lutte contre le racisme et les discriminations se sont portées parties civiles contre Mourad D. Pour rappel, ce dernier avait été interpellé 48 h plus tard, à Paris, alors que son identité avait été dévoilée sur internet.

« On a fait mon procès sur les réseaux sociaux », estime Mourad D.

« On a fait mon procès sur Instagram, sur les réseaux, en détention, dehors... », s’est agacé le prévenu lors du procès, tenu le 8 juillet. « Là, aujourd’hui, c’est le vrai, donc on se calme », lui a répondu le président du tribunal correctionnel de Pontoise (Val-d’Oise). Mourad D. a soutenu qu’en raison de la nuit il ne pouvait pas voir que la voisine était noire.

C’est « à son accent (...) que j’ai tout de suite reconnu que c’est une personne qui vient des îles », a-t-il dit de la seconde victime, de nationalités ivoirienne et sud-africaine. Le jeune algérien a démenti avoir pris la fuite, et a assuré être rentré paisiblement chez lui avec sa commande.

En plus de sa peine de prison, Mourad D. s’est vu infliger une interdiction de séjour dans le Val-d’Oise. Alors le président du tribunal lui prodigue un ultime conseil : « vous avez proposé trois fois pendant ce procès de vous en aller. C’est la meilleure chose que vous pouvez faire ».