Invité de la chaine YouTube Oui Hustle, le footballeur algérien Riyad Mahrez est revenu, dans la soirée du mercredi 14 juillet, sur son parcours sportif depuis son enfance jusqu’à sa signature avec Manchester City. Le Capitaine des Verts s’est exprimé sur tous les sujets, y compris  sur sa vie privée, sans limites.

Sur le racisme, son rapport à la religion, ses débuts difficiles en France, son éclosion en Angleterre, son attachement à l’Algérie, Riyad Mahrez s’est livré à cœur ouvert. Mahrez, qui s’apprête à livrer sa troisième saison sous le maillot bleu de Manchester, a évoqué son enfance dans la ville de Sarcelles en banlieue parisienne. Une ville dans laquelle le Franco-Algérien a fait ses premiers pas dans le football, il y a une vingtaine d’années avant de devenir, aujourd’hui, l’une des stars planétaires du ballon rond.

« Je n’avais rien à envier à personne en termes de talent », explique Mahrez

« Je n’avais rien à envier à personne en termes de talent à Sarcelles. La différence se faisait sur le plan athlétique, j’avais un déficit et ça faisait que certains passaient avant moi. Quand j’ai commencé à grandir, prendre de la force, aller plus vite, on a plus vu mon talent », confie Mahrez. Repéré par des recruteurs, le jeune Riyad opte par la suite pour le Havre AC. Un club modeste de Ligue 2, mais très populaire en France.

« J’ai signé au Havre à 18 ans en CFA. Je signe pro à 19 ans. Ce n’était pas facile les premiers pas, j’arrivais de la réserve où j’avais mis 14 buts. Le coach m’aimait bien, mais je n’avais jamais réussi à franchir le cap, il fallait s’affirmer au milieu du vestiaire, ça a pris du temps. J’ai toujours été comme ça, je m’adapte et je prends mon envol », explique Riyad Mahrez.

Pas de parcours parfait dans le football, explique Mahrez

A-t-il des regrets de ne pas être passé par un centre de formation avant de signer au Havre ? « Tu n’es pas obligé d’être en centre. Mais ça ne fait pas forcément de toi un meilleur footballeur. Quand t’arrives plus tard, tu gardes cette insouciance du quartier. Quand t’arrives tôt en centre, on commence à te dire de lâcher ta balle, fais pas ci, fais pas ça. Il n’y a pas de parcours parfait, mais si je devais choisir, je choisirais d’arriver sur le tard », avoue le joueur des Verts.

En France, aucun club ne voulait prendre le risque avec Riyad Mahrez

Sur les raisons de son départ en Angleterre en signant à Leicester City au lieu de choisir un club mieux huppé en France, Riyad Mahrez, a rétorqué : « je voulais vraiment jouer en France, je faisais des super matchs en Ligue 2, mais personne ne voulait prendre le risque de m’acheter. Pas d’argent, pas ci, pas ça…C’était il y a 10 ans, à l’époque où c’était vraiment difficile d’aller en Ligue 1».

« Quand Leicester arrive, je ne voulais pas y aller. J’éteins mon téléphone et pars en vacances en décembre. Je reviens en janvier et je vois qu’ils insistent. Ils me proposent un beau contrat, j’ouvre mon ordinateur et je me renseigne sur eux : ils étaient premiers à vingt matchs de la fin du championnat » révèle Mahrez.

Toutefois, l’attaquant des Verts a fini par quitter le Championnat de France et rejoint celui de l’Angleterre en signant avec Leicester.  « Je consulte ma mère, je fais une prière de consultation, les signes étaient favorables, j’y vais. C’est la meilleure décision que j’ai pu prendre dans ma vie », affirme-t-il.

Mahrez : « Quand tu vois que Guardiola te veut à Man City, c’est flatteur »

Après quatre saisons pleines à Leicester avec le titre de champion et celui de meilleur joueur de la Premier League en 2016, Riyad Mahrez voit sa côte prendre de l’envol. C’est le riche club de Manchester City qui le fait signer pour un contrat mirobolant dépassant les 75 millions d’euros. « Pep Guardiola c’est les années Barça, quand tu vois qu’il te veut, c’est flatteur. Tu as envie de jouer pour lui », avoue Mahrez.

 

Riyad Mahrez ne veut pas quitter le foot anglais

Toutefois Mahrez a reconnu les difficultés qu’il avait rencontrées à ses débuts avec les Citizen. « L’adaptation n’était pas facile, comme d’habitude. Pep est très grand coach, du très haut-niveau », reconnait-il.

À propos de son avenir et en réponse aux rumeurs sur son probable départ de Man City pour rejoindre un autre club en Europe, Riyad Mahrez qui a repris les entrainements il y a une semaine avec Man City, est affirmatif : « je ne vois pas il y a quoi de plus haut que Manchester City aujourd’hui. J’aime vraiment l’Angleterre, le football anglais est vraiment magnifique, je n’ai vraiment pas envie de quitter ce championnat et j’ai des objectifs personnels aussi à atteindre dans ce championnat donc je vais continuer ».

 

« Quand on t’appelle pour jouer avec l’Algérie, ça fait plaisir », avoue Mahrez

Évoquant son choix de jouer pour les Verts algériens alors qu’il avait aussi la possibilité d’opter pour la sélection française du fait de sa double nationalité, Riyad Mahrez n’a pas caché sa fierté de jouer sous le maillot algérien en dépit de ses débuts difficiles en sélection. « Quand on t’appelle à jouer avec l’Algérie, ça fait plaisir. J’étais en Championship (Ligue 2 anglaise ndlr), j’arrive sur la pointe des pieds sans faire de bruit. À la Coupe du Monde (2014), je ne joue qu’un match et je ne suis pas très bon. J’étais dans l’adaptation, mais désormais, on est champions d’Afrique, on a tout fait pour atteindre cet objectif ».

 

Mahrez : « La religion ? Elle est primordiale, ça fait partie de ma vie »

Abordant son rapport à la religion, Riyad Mahrez a avoué que cette dernière est primordiale, faisant même partie de sa vie quotidienne.  « La religion elle est primordiale, ça fait partie de ma vie, c’est mon père qui nous prenait à la mosquée tous les soirs et qui nous a appris les sourates… La religion c’est très important et si tu ne l’as pas ce n’est pas facile de vivre », affirme Mahrez.

 

Le racisme dans les stades

Questionné sur le phénomène du racisme qui sévit ces dernières années dans de nombreux stades, notamment en Europe, la capitaine des Verts, tout en avouant ne pas en avoir été victime, a souhaité l’intervention de la FIFA afin d’y remédier. « Je pense que la FIFA doit prendre encore plus de mesures, plus radicales. Il y aura toujours idiots, mais Eto’o a raison, il faut faire plus. À titre personnel, je ne l’ai jamais subi », avoue Riyad Mahrez.