Deux imams ont été suspendus en France, après des propos jugés « hostiles » aux femmes. L'un de la Loire et l'autre des Hauts-de-Seine. Ils ont été destitués sur demande du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Ce dernier reproche aux deux représentants religieux d'avoir prononcé des prêches « inacceptables » envers les femmes et d'avoir « bafoué les règles et les valeurs de la République ».

« À ma demande, il a été mis fin aux fonctions de deux imams des Hauts-de-Seine et de la Loire aux prêches inacceptables. Nous combattons sans relâche ceux qui bafouent les règles et les valeurs de la République », a affirmé le ministre de l’Intérieur Gerard Darmanin, dans un tweet publié le 23 juillet.

Deux imams suspendus en France pour leurs propos envers les femmes

À quelques semaines d’intervalle, deux imams officiants dans des mosquées en France ont été suspendus pour des propos jugés « sexistes ». Dans les Hauts-de-Seine, à Gennevilliers, le prêche d’un imam de la mosquée Ennour a été signalé à la préfecture par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, selon une note rédigée le 13 juin et consultée le 23 juillet par l’AFP.

L'imam de Gennevilliers « aurait accusé les femmes de manquer de pudeur »

Cet imam, Mohamed el Mehdi Bouzid « aurait accusé les femmes de manquer de pudeur », détaille cette note, visant particulièrement « celles qui partagent sur les réseaux sociaux des leçons de maquillage ou des tenues qui mettent en valeur les formes de leur corps, qui sont habités par sheitan » (c’est-à-dire le diable).

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Au cours d’une réunion début juillet entre la préfecture et le président de l’association Ennour, « il a été spécifié que cet imam ne pouvait plus prêcher dans le 92 dans le cadre de la lutte contre le séparatisme », a assuré à l’AFP la préfecture. « Cela a été suivi d’effet quasi immédiatement ».

« Le ministre de l’Intérieur veut faire une diversion » selon l'imam Mohamed el Mehdi Bouzid

Dans une vidéo publiée hier sur son compte Instagram, l’imam souligne qu’il s’agit d’un prêche « qui date d’il y a un mois et demi » dont on a extrait « simplement même pas une minute » où il s’exprime sur le thème de la pudeur. « Je pense que le ministre de l’Intérieur veut faire une diversion par rapport à tout ce qui est en train de se passer », analyse l'imam, alors que la France traverse une crise sociale, sanitaire et politique.

« J’avais parlé de ce que c’est que la foi, j’avais parlé des dealers, de la prostitution juvénile, j’avais parlé des frères qui vendent de la drogue, qui jouent dans les PMU, qui jouent à des choses dans lesquelles ils ne matérialisaient pas leur foi. J’ai parlé également de la pudeur, et on a retenu que ça », explique l’imam Mehdi dans cette publication.

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L'imam de Saint-Chamond également suspendu pour ses propos envers les femmes

Le deuxième imam suspendu est celui de la mosquée Attakwa, de Saint-Chamond. L'imam Mmadi Ahamada, d’origine comorienne, a été suspendu le 22 juillet à la demande du ministère de l'Intérieur et de la préfecture de la Loire. Les autorités lui reprochent des propos discriminatoires envers les femmes.

Dans une vidéo du prêche du 20 juillet, postée sur la page Facebook de la mosquée, l’imam s’adresse à plusieurs centaines d’hommes réunis en plein air, le jour de l’Aïd al-Adha, s’exprimant tantôt en arabe, tantôt en français. Il demande notamment aux « femmes musulmanes désireuses d’entrer au Paradis (d’)obéir à (leur) mari (…), veiller aux droits d’Allah et à ceux de leur époux ».

« Restez dans vos foyers et ne vous exhibez pas » déclarait l'imam Mmadi Ahamada

« Restez dans vos foyers et ne vous exhibez pas de la manière des femmes d'avant l'islam et ne soyez pas trop complaisantes dans votre langage », exhorte le religieux lors de son prêche de l'Aïd el-Kébir. Ce jour-là, l'imam demande également aux femmes de ne pas céder à « l'accomplissement de la corruption et du vice ».

Démis de ses fonctions, l'imam originaire des Comores pourrait également être contraint de quitter la France. La préfète de la Loire précise en effet dans son communiqué que « conformément aux instructions du ministre de l'Intérieur, la question du non-renouvellement de son titre de séjour est à l'étude ».