L’explosion effrénée, ces derniers jours, du nombre de contagions par le coronavirus en Algérie a mis sous tension l'ensemble des établissements hospitaliers dédiés à la prise en charge des patients atteints du Covid-19. Ces structures, déjà dépassées par le nombre de cas qui ne cesse d’augmenter, se retrouvent dans leur grande majorité en rupture d’oxygène. 

C'est l'état d'alerte au niveau de l'ensemble des hôpitaux algériens. Le manque d’oxygène au niveau de ces structures, constaté depuis quelques semaines, a pris des proportions alarmantes ces derniers jours. De nombreux témoignages de médecins, de journalistes et de simples citoyens font état aujourd'hui de la rupture de cette matière au niveau de plusieurs hôpitaux du pays.

La pénurie d'oxygène montre la faillite du système sanitaire algérien

La majorité des hôpitaux se retrouvent aujourd'hui en rupture d’oxygène en raison notamment de problèmes de gestion des stocks et de distribution. Cette situation qui prend des proportions alarmantes persiste depuis plusieurs jours et menace la survie des malades, surtout en ces temps de canicule. Des dizaines de patients atteints du Covid-19 succombent chaque jour et des centaines d'autres se retrouvent dans une situation critique en raison du manque d’oxygène.

L'hôpital Mohamed Boudiaf d’Oum El Bouaghi lance un SOS

Des dizaines de vidéos et d’appels de détresse sont partagés ces dernières heures sur les réseaux sociaux. Des appels ont été lancés en direction des bienfaiteurs, dans le but de procurer des bouteilles et des concentrateurs d’oxygène au profit des patients dans différents hôpitaux du pays. Dans une vidéo, largement partagée ce mercredi 28 juillet, un SOS est lancé en direction des citoyens pour les informer de la rupture totale de l’oxygène au niveau de l’hôpital Mohamed Boudiaf d’Oum El Bouaghi.

À lire aussi :  France : Voici les meilleures villes étudiantes 2022

Les hôpitaux de Sidi Bel Abbès et de Hammam Bou Hadjar n’ont plus d’oxygène

« L'hôpital Sidi Ayed à Hammam Bou Hadjar n'a plus d'oxygène. Des dizaines de patients sont morts ou se meurent. Il n'y a pas d'oxygène à Sidi Bel Abbès, le chef-lieu et les gens vont de wilaya en wilaya à la recherche de recharges pour leurs bouteilles », écrit ce mercredi 28 juillet le journaliste Akram Kharief sur sa page Facebook. « Que faire pour aider nos frères à Tiaret, Sidi Bel Abbès, Guelma, M'Sila ? On ne peut pas les laisser ! Que font les autorités ? », s’interroge-t-il.

 L’hôpital de Ain El Hammam lance un appel pour des concentrateurs et bouteilles d’oxygène

Même topo au niveau des hôpitaux de la Kabylie. Plusieurs appels ont été lancés ces dernières vingt-quatre heures sur les réseaux sociaux pour alerter sur la pénurie d’oxygène au niveau de plusieurs structures sanitaires de la région. « L’hôpital Ain El Hammam lance un appel pour tous ceux qui ont des concentrateurs et bouteilles d’oxygène. C’est très urgent, car plus d’oxygène a midi », écrit le journaliste d’Interlignes Algérie, Bouzid Ichalalene.

Trois bouteilles d’oxygène seulement pour 23 malades à l’hôpital de Larbaâ Nath Irathen

À l’hôpital de Larbaâ Nath Irathen, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, la situation est aussi catastrophique. Selon un médecin de garde, seulement trois bouteilles d’oxygène étaient disponibles durant la nuit du 26 juillet pour vingt-trois malades en situation de détresse respiratoire. « Comment faire pour satisfaire ce nombre important de malades avec seulement trois bouteilles ? », s’interroge ce médecin.

À lire aussi :  France : Voici les meilleures villes étudiantes 2022

Quatorze personnes sont mortes en une journée dans un hôpital algérois faute d'oxygène.

Dans un hôpital de la banlieue d’Alger, quatorze personnes sont mortes durant la journée du 26 juillet faute d'oxygène. Selon le journaliste de Jeune Afrique, Farid Alilat, « d'autres risquent de mourir parce que 25 bouteilles ne suffiront pas à sauver des vies, des femmes enceintes ». Ce dernier à l’instar d’ailleurs de nombreux autres journalistes algériens, partage des appels de nombreux citoyens en quête de bouteilles ou de concentrateurs d’oxygène au profit de leurs malades hospitalisés.