Le transport aérien en Algérie, jusque là sous le monopole de l'État, sera-t-il ouvert aux privés ? La réponse serait oui et ce serait même imminent à en croire les dernières déclarations du ministre algérien des Transports.  

Le ministre des Transports, Aïssa Bekkai a tenu, le 29 juillet à Alger, une réunion de travail avec de nombreux investisseurs privés dans le domaine de l’aviation civile et du transport maritime. Cette rencontre s’inscrit dans « le cadre du plan gouvernemental visant à encourager l’investissement privé dans le domaine de l’aviation civile et du transport maritime, la promotion des exportations, la maîtrise du commerce extérieur et l’arrêt de la fuite de devises à l’étranger », indique un communiqué publié sur la page officielle du ministère des Transports.

Le ministre algérien des Transports se réunit avec les investisseurs privés du secteur aérien et maritime

À cette occasion, le ministre des Transports Aïssa Bekkai a affirmé que « le capital privé est un levier de l’économie nationale et l’encouragement de l’investissement privé est au cœur de la stratégie de l’État qui ne ménage aucun effort pour aplanir les contraintes administratives et juridiques à l’effet de faciliter l’accès des privés à ce domaine vital ».

Au terme de la réunion, le ministre des Transports a décidé de « la mise en place d’une cellule d’écoute regroupant tous les secteurs pour assurer le suivi et la coordination pour gagner du temps et accélérer le rythme de croissance ». Il s’est engagé également à « suivre personnellement tous les dossiers déposés au niveau du ministère et veillera à leur trouver des solutions rapides », selon les termes du communiqué du ministère des Transports.

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L'Algérie en passe d'ouvrir le secteur du transport aérien et maritime aux capitaux privés

À la lecture du compte rendu fait par le ministère à l'issue de cette réunion avec les investisseurs privés dans le domaine du transport aérien et maritime,  il va sans dire que le gouvernement est en passe d'ouvrir le secteur du transport aérien et maritime, jusque là sous la tutelle de l'État via la compagnie Air Algérie pour le transport aérien et l'ENTMV pour la navigation maritime, au capital privé. Ainsi, les investisseurs privés pourront désormais créer des compagnies de transport aérien et maritime afin d’assurer l’acheminement des marchandises locales voire même celles des pays voisins. Mais aussi, des compagnies de transport de passagers.

Vers la fin du monopole d'Air Algérie et de l'ENMTV dans le transport aérien et maritime

Le recours de l'État aux investisseurs privés intervient dans une période marquée par la crise financière qui touche l'unique compagnie aérienne algérienne, en l’occurrence Air Algérie. Une compagnie qui est au bord de la faillite et qui n'arrive à survivre que grâce aux aides du trésor public.

Tebboune n'est pas contre la création de compagnies aériennes privées

Pour rappel, le chef de l'État Abdelmadjid Tebboune a soulevé la question de l'ouverture du secteur du transport aérien aux capitaux privés. En août 2020, à l'occasion des travaux de la conférence nationale sur le plan de relance économique tenue à Alger, Abdelmadjid Tebboune a évoqué la possibilité de création de compagnies aériennes privées en Algérie. « Je ne suis pas contre l’idée de création de compagnies aériennes privées », a-t-il déclaré. Dans son discours, Tebboune a indiqué que « les compagnies de transport étrangères coûtent annuellement à l’Algérie 12,5 milliards de dollars ».