Rabah Kareche, journaliste pour le quotidien Liberté a été condamné, ce jeudi 12 août, par le tribunal correctionnel de Tamanrasset à un an de prison dont huit mois fermes pour la publication d'articles sur des manifestations citoyennes dans le sud du pays. Une lourde condamnation qui a suscité la réaction de l’organisation Reporters Sans Frontières (RSF).

Dans un communiqué publié, ce jeudi 12 août, l’organisation Reporters Sans Frontières (RSF) "dénonce une peine injustifiée infligée au journaliste qui n’a fait que son travail". Le 12 août 2021, le journaliste du quotidien Liberté Rabah Karèche a été condamné à un an de prison dont huit mois fermes et 20 000 dinars d’amende, pour "publication de fausses informations pouvant porter atteinte à l'unité nationale et à la sécurité de l'État", écrit RSF.

"Les trois articles publiés en avril 2021, relatent des manifestations dans la région touareg de l’Ahaggar, contre les décrets fixant les limites territoriales des wilayas nouvellement créées et dénonçant un processus d’expropriation des terres au profit des wilayas voisines de Djanet ou d’Illizi ainsi qu’une spoliation des richesses minières et gazières", ajoute l'Organisation.

"La place de Rabah Kareche est au sein de sa rédaction et pas en prison"

“La peine est injustifiée, le journaliste Rabah Kareche n’a fait que son travail d’information et sa place est au sein de sa rédaction et pas en prison. Les autorités algériennes doivent respecter la liberté d’information garantie par la Constitution et respecter le code de la presse”, déclare le directeur du bureau Afrique du Nord de RSF, Souhaïb Khayati.

Pour RSF, "la Constitution votée à 66 % par le peuple algérien le 1er novembre 2020 garantit la liberté de la presse et le code de la presse en Algérie devrait être la référence lorsque des publications sont jugées". Ce code "ne prévoit pas de peine privative de liberté pour la publication d’un article", ajoute le communiqué.

"Pourtant, actuellement, les autorités algériennes s'appuient sur le code pénal, adopté le 22 avril 2020 qui criminalise la diffusion de fausses informations portant “atteinte à l'ordre public et à la sûreté de l'Etat, afin de museler la presse" conclut le communiqué de RSF

Pour rappel, le tribunal de Tamanrasset a rendu, ce jeudi 12 août, le verdict dans le procès du journaliste Rabah Kareche. Le correspondant de Liberté à Tamanrasset a été condamné à une année de prison dont huit mois fermes et une amende de 20 000 DA. Le procès du journaliste de Liberté, en prison depuis le 19 avril 2021, s'est tenu le 5 août dernier, au tribunal de Tamanrasset. Le parquet avait requis une peine de trois ans de prison ferme assortie d'une amende de 100 000 DA.