Face à la guerre de mots et aux échanges d'accusations entre les deux États, les relations économiques entre l’Algérie et le Maroc semblent plutôt bien s'en sortir. C'est ce qui se précise à travers cette déclaration d'un officiel marocain, ce jeudi 19 août, à propos de la question du gazoduc qui relie l’Algérie à l'Espagne via le territoire marocain.

Alors que le contrat du Gazoduc Maghreb Europe (GME), reliant l’Algérie à l'Espagne via le Maroc, arrive à son terme le 31 octobre 2021, les autorités marocaines se disent favorables au maintien de ce gazoduc au delà de cette date. « Le Maroc est pour le maintien du Gazoduc Maghreb Europe (GME), dont le contrat arrive à son terme le 31 octobre 2021 », a affirmé, ce jeudi 19 août, la Directrice générale de l'Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) marocain, Amina Benkhadra.

La directrice de l'ONHYM veut maintenir le GME

La volonté du Maroc de maintenir cette voie d’exportation a été clairement affirmée de manière constante, à tous les niveaux, depuis plus de trois ans, a précisé Mme Benkhadra dans un entretien accordé à Maroc Le Jour, le quotidien francophone de l'agence officielle marocaine MAP.

« C’est notre volonté, telle que nous l’avons exprimée verbalement et par écrit, publiquement et dans les discussions privées, toujours avec la même clarté et la même constance », a-t-elle dit en réaction à certaines informations relayées par des sites électroniques et sur les réseaux sociaux prétendant que le Maroc aurait décidé d’empêcher l’approvisionnement de l’Espagne à la fin du contrat.

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Le gazoduc relie l'Algérie à l'Espagne

Le GME, en service pendant les 25 dernières années, reliant l’Algérie à l’Espagne via le Maroc « est un formidable outil de coopération gagnant-gagnant et un exemple de projet régional structurant et mutuellement bénéfique », a tenu à souligner Mme Benkhadra.

« Ce gazoduc a été construit par l’Espagne afin de permettre au gaz algérien de rejoindre l’Europe à travers le Maroc, dans des conditions de sécurité optimales », a-t-elle précisé. Cette déclaration de la responsable marocaine devra mettre fin aux informations qui ont circulé en juin dernier à propos du prétendu refus du Maroc de renouveler le contrat du Gazoduc Maghreb Europe.

Des informations ont fait état du refus de Maroc de renouveler le contrat du GME

En pleine crise de l'affaire du chef du Polisario Ibrahim Ghali, transféré en Espagne pour des soins, une information avait circulé concernant l'intention des autorités marocaines de ne pas renouveler le contrat du GMA en représailles à leurs homologues algériennes et espagnoles.

Une information que vient de démentir ce jeudi 19 août la Directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), Amina Benkhadra. Il faut dire aussi que le Maroc aura beaucoup à perdre dans le cas où le contrat de ce gazoduc ne serait pas renouvelé. En effet, en ne renouvelant pas la concession du gazoduc Maghreb-Europe, le Maroc risque de perdre deux gros avantages : le droit de péage de 7 % qui représente environ 200 millions d’euros par an, et la quantité de gaz dont il tire profit du fait du transit via le gazoduc.