Malgré l'ouverture partielle des frontières depuis le 1er juin dernier, des centaines d'Algériens restent encore bloqués dans différents pays étrangers notamment en France. Ces derniers vivent mal leur situation à l'image de ces ressortissants établis dans la région de Nevers, une commune située dans le centre de la France. Leila, Kamel et Lila en parlent dans Le Journal du Centre.

Kamel est originaire de la wilaya de Bejaïa, en Kabylie. Voilà trois ans qu'il veut se rendre au bled, mais la crise sanitaire a chamboulé ses plans. À l'instar des centaines d'autres Algériens, il a pris son mal en patience suite à la fermeture des frontières décidée le mois de mars 2020.

Il a poussé un grand ouf de soulagement après la décision des autorités algériennes de reprendre partiellement les vols. Il a cependant vite déchanté. « On ne trouve pas de vol ! Même quand on les appelle, ils n’en savent rien. Ceux qui parviennent à acheter des places se rendent directement à l’aéroport d’Orly. Et là-bas, c’est la pagaille », explique-t-il au Journal du Centre.

« On ne trouve pas de vol », explique un Algérien

Kamel devait absolument entrer au pays dans la mesure où son père était malade. Il était atteint du Covid-19. Il était dans le besoin urgent d'un concentrateur d'oxygène. Un appareil qui se faisait rare en Algérie après la recrudescence du coronavirus dans différentes wilayas. « C’est un problème plus politique que sanitaire. C’est le peuple lui-même qui gère la crise ! », dit-il.

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Finalement, bien qu'il a fait des mains et des pieds pour se procurer un billet d'avion, il n'a réussi qu'à envoyer le concentrateur à son père. Lui, il n'est pas parvenu à rentrer. « C’est plus facile d’aller dans l’espace avec Jeff Bezos que de réserver un siège sur Air Algérie », ironise une internaute citée par le même quotidien.

« Certains ont déboursé jusqu’à 1300 € avec Air France » pour se rendre en Algérie

À l'instar de Kamel, Leïla Sabri, originaire de Tlemcen, espérait également rentrer en Algérie cette année. Elle a plusieurs fois tenté d'accéder au site de la compagnie aérienne algérienne Air Algérie pour avoir une réservation pour le mois de septembre. Peine perdue cependant. En plus de leur rareté, les vols à destination de l'Algérie sont extrêmement chers. « Certains ont déboursé jusqu’à 1300 € avec Air France », souligne Leïla. « Avec nos petits salaires, c’est impossible. Si ça dépasse les 300 €, on n’ira pas ! », dit-elle encore au même journal.

La diaspora algérienne déplore un « véritable déchirement »

Le cas de Lila, une autre algérienne vivant dans la commune de Nevers, bloquée aussi à cause de la crise sanitaire, est plus saisissant. Elle n'a pas pu, en effet, accompagner le corps de son défunt mari décédé il y a quelques mois en France. « C’est un véritable déchirement », explique Yasmina Boulouza, nièce de Lila. Il faut dire que des dizaines voire des centaines de ressortissants algériens ont vécu la même situation que Lila depuis le mois de mars 2020.