Quelque 600 migrants sans-abri de différentes nationalités ont installé, ce mercredi 1er septembre, des tentes devant la préfecture d'Ile-de-France. Cette opération coup de poing, soutenue par plusieurs associations de défense des migrants, vise à demander à l’État français « des solutions d'hébergement dignes et pérennes ».

600 migrants sans-abri campent avec leurs tentes devant la Préfecture de l'Île-de-France

Des dizaines de tentes appartenant à environs 600 sans-abri, essentiellement des migrants, dont des familles avec enfants, ont été installées ce mercredi 1er septembre devant la Préfecture de l’Île-de-France dans le XVe arrondissement de Paris.

Les tentes ont été installées sur les pelouses du parc André Citroën, où se trouvaient également de nombreux mineurs isolés étrangers. « Nous nous sommes installés devant la préfecture de région pour la mettre face à la vulnérabilité des personnes à la rue. Et nous resterons jusqu'à ce qu'elle les mette à l'abri », a expliqué Pierre Mathurin, un responsable de l'association Utopia56, à l'AFP.

Dans l'espace « famille », Karamoko, arrivée de Côte d'Ivoire « il y a quelques semaines », partage une tente avec son mari et son fils de 3 ans. « J'ai beaucoup d'espoir. Pour le moment nous dormons dans une tente et il fait déjà froid la nuit », raconte cette jeune femme de 23 ans.

À lire aussi :  La France a-t-elle l'obligation d'héberger les sans-papiers sans abri ?

Les collectifs veulent attirer l'attention sur « la vulnérabilité des personnes à la rue »

Ce nouveau campement des migrants sans abri a été monté à l'initiative du collectif Réquisitions, qui regroupe plusieurs associations multipliant les actions coup de poing pour rendre visibles les exilés à la rue, ajoute la même source.

Il s'agit de la 10e action du collectif Réquisitions, dans lequel figurent également Solidarité migrants Wilson, Enfants d'Afghanistan et d'ailleurs et le DAL. En juillet, cette organisation avait occupé la très chic place des Vosges dans le IVe arrondissement de Paris, après un gymnase de la mairie en mai et une ancienne école maternelle en janvier.

« Ces actions ont permis à plus de 3600 personnes d'avoir un abri. Ce n'est pas un plaisir, mais c'est le seul moyen de faire respecter leur droit à un hébergement digne. Et cela montre que quand l’État veut, l’État fait », estime Philippe Caro de l'association Solidarité migrants Wilson.