Les quelque 1 000 sans-abri, essentiellement des migrants, qui campaient depuis le 1er septembre devant la préfecture d’Île-de-France à Paris pour réclamer des solutions d’hébergement ont été évacués, ce samedi 4 septembre.

Selon la préfecture de Paris, l’opération a débuté vers 6 heures du matin. Des agents de la mairie de Paris et de la préfecture ont investi le parc André-Citroën (XVe arrondissement) pour faire évacuer les tentes, sous escorte policière à distance. Des bénévoles de plusieurs associations, dont France Terre d’asile et Utopia56, étaient présents, selon l’AFP.

Les migrants étaient des Afghans et des Subsahariens

Les migrants sans-abri, dans la très grande majorité en provenance d’Afghanistan et d’Afrique subsaharienne, ont été séparés en deux groupes ; les familles d’un côté, les hommes seuls de l’autre, en attendant d’être pris en charge et mis à l’abri par la préfecture de région, qui gère l’hébergement d’urgence.

« À partir du mois prochain il va commencer à faire froid. Il deviendra trop dur de dormir sous tente. J’attends un hébergement durable, pas comme la dernière fois où j’étais resté seulement une semaine (dans un appartement à Saint-Germain en Laye, NDLR). Je veux vivre ici, je n’ai pas de famille ici. La France est ma famille », a déclaré Yaseen Saleem, Afghan de 24 ans arrivé en France « il y a six mois ».

L’opération vise à attirer l’attention sur la situation des sans-abris et des migrants en France

Les sans-abris sont montés au compte-goutte au cours de la matinée dans des cars affrétés par la préfecture, première étape vers une éventuelle solution d’hébergement. « On ne lâchera rien, on continuera à visibiliser les invisibles », a déclaré Yann Manzi, fondateur de l’association Utopia56

« On ne veut plus de ce ping-pong qu’on vit depuis des décennies, mises à l’abri-mises à la rue. On veut simplement un logement pérenne pour toutes les personnes-là […] Il est temps de remettre à plat le dispositif d’accueil » ajoute-t-il, annonçant « une autre action dans la foulée » si « tous les hommes » n’étaient pas pris en charge.

Environ 600 migrants sans-abri s’étaient installés mercredi 1 septembre, avant d’être rejoints par d’autres. Cette installation devant la préfecture constituait la 10e action du Collectif Réquisitions, qui regroupe plusieurs associations (Utopia56, Solidarité migrants Wilson, Enfants d’Afghanistan et d’ailleurs, le DAL) multipliant les actions coup de poing pour rendre visibles ces exilés à la rue.