C’est un geste historique que celui fait ce lundi 20 septembre par le président français Emmanuel Macron. Lors d'une réception à l'Élysée consacrée à la mémoire des Harkis ayant combattu aux côtés de l'armée française durant la Guerre d'Algérie, Emmanuel Macron a « demandé pardon » aux Harkis au nom de la France, estimant que le pays avait « manqué à ses devoirs » à leur égard.

« Aux combattants, je veux dire notre reconnaissance ; nous n'oublierons pas. Je demande pardon, nous n'oublierons pas », a déclaré le président Emmanuel Macron, qui présidait ce lundi 20 septembre une réception à l’Élysée consacrée à la mémoire des Harkis ayant combattu aux côtés de l'armée française durant la Guerre d'Algérie.

« La France a manqué à ses devoirs envers les Harkis, leurs femmes, leurs enfants », a aussi jugé le chef de l'État. « Le gouvernement portera avant la fin de l'année un projet visant à inscrire dans le marbre de nos lois la reconnaissance et la réparation à l'égard des Harkis », a en outre annoncé Emmanuel Macron

« L'honneur des Harkis doit être gravé dans la mémoire nationale ».

« Vous portez dans votre chair le souvenir des Harkis. L'honneur des Harkis doit être gravé dans la mémoire nationale », a expliqué le chef de l'État en appelant à « panser les plaies qui doivent être fermées par des paroles de vérité, gestes de mémoire et actes de justice ».

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Un fonds de réparation de 300 millions d'euros pour les Harkis

En début de matinée de ce lundi, le quotidien L'Opinion rapportait que le président de la République annoncerait la création d’un fonds de réparation, doté de 300 millions d’euros, ainsi qu’un projet de loi dans lequel la nation reconnaît les préjudices subis par ces individus, pour partie rapatriés d’Algérie avec leurs familles à la fin de la guerre.

200'000 Algériens ont été recrutés par l’armée française durant la Guerre d’Algérie

Pendant la guerre de Libération qui opposa l’Algérie et la France de 1954 à 1962, jusqu'à 200'000 hommes ont été recrutés comme auxiliaire de l'armée française, qu'on a appelé Harkis. Abandonnés par Paris à la fin de la guerre, une partie d'entre eux ont été victimes de représailles en Algérie.

Plusieurs dizaines de milliers d'autres, souvent accompagnés de femmes et d'enfants, ont été transférés en France où ils ont été placés dans des « camps de transit et de reclassement », aux conditions de vie indignes et durablement traumatisantes.

Les Harkis et leurs descendants formeraient aujourd'hui une communauté de plusieurs centaines de milliers de personnes en France.