Le week-end dernier, dans la nuit du 2 au 3 octobre, 680 passagers à bord de 18 embarcations ont débarqué sur l’île italienne de Lampedusa. En un mois à peine, l’Italie a enregistré l’arrivée de 4’800 personnes. Une hausse de 20 % par rapport à la même période pendant l’année 2020.

Si certaines embarcations transportaient une quinzaine de personnes, d’autres comptaient jusqu’à 95 personnes à bord. Les harraga sont de différentes origines. Certains viennent du Soudan, d’autres d’Égypte, du Bangladesh ou encore de la Tunisie, selon l’agence de presse Ansa.

Un bateau transportait des harraga et des moutons

D’après les médias, un des bateaux débarqués à Favaloro transportait 13 personnes d’origine tunisienne, dont deux femmes et trois mineurs et des moutons. Selon ce même média, la présence des moutons est due à la conviction des passagers du fait que le lait fourni par les bêtes pouvait les nourrir pour affronter la traversée de la Grande Bleue, puisqu’un « animal de ferme est également gage de richesse et pour beaucoup, c’est tout ce qu’il leur restait », explique le média italien Canale Dieci.

Samedi dernier, un navire de ravitaillement italien a récupéré 70 harraga en partance de Lybie, après qu’ils aient disparu plusieurs jours en mer. Le 27 septembre, Flavio Di Giacomo, porte-parole du bureau de coordination pour la Méditerranée de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), avait annoncé dans un Tweet l’arrivée de 680 harraga à bord d’un bateau de pêche, déplorant leur état : « beaucoup étaient déshydratées et [sont arrivées] dans des conditions de santé très délicates ». L’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) a indiqué qu’« il s’agit du plus grand nombre de personnes arrivées sur un seul et même bateau en 2021 ». Ces harraga partis de Zouatra, en Lybie, viennent de différents pays : Égypte, Tchad, Maroc, Syrie, Bangladesh, Soudan, Nigeria, Éthiopie et Sénégal.

Les centres d’accueil pour migrants dépassés

Selon l’Associated Press (AP), avant ce week-end du 2 au 3 octobre, le principal centre accueillait plus de 1’000 personnes, soit 4 fois plus que sa capacité. À l’arrivée des 680 migrants, la préfecture d’Aagrigente a ordonné samedi le transfert de 634 harraga dans d’autres structures pour accueillir les nouveaux arrivants. Selon l’OIM, si les arrivées depuis l’année 2021 ont doublé par rapport à l’année 2020, les chiffres sont multipliés par six, par rapport à l’année 2019.